Heureuse Marie,
artisane de paix
Par Denise Lamarche, c.n.d.
La
paix! Qui ne la désire pas? On la veut en soi et qui
l’a perdue connaît la douleur de
l’angoisse. On la souhaite dans les familles et on sait les
drames qui peuvent s’y vivre quand elle n’existe
pas. On la réclame pour tous les peuples et on se scandalise
du mal fait aux nations quand on y porte atteinte.
Quand
Jésus béatifie les artisans de paix, il dit
qu’ils seront appelés fils de
Dieu. (Mt 5,9) Lui qui a rejeté
l’idée de devenir le libérateur militaire
de son peuple est véritablement artisan de paix et Fils de
Dieu. Pouvait-il penser à sa mère comme femme de
paix?
Marie, Femme du Fiat, elle faisait de sa vie une bénédiction de Dieu.
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Marie, créatrice de paix
Il
nous arrive de penser que la paix est simplement le fait
d’être paisible. Même le grand
Thomas d’Aquin a défini, à juste titre, la
paix comme étant la tranquillité dans
l’ordre. Or, si nous retournons au sens biblique
du mot paix, il nous faut bien reconnaître que Jésus
ne promet pas le bonheur aux paisibles mais bien plutôt
à ceux et celles qui répandent la paix, qui la
créent. Marie était certainement de leur
nombre.
Certes,
elle vivait dans l’absence de guerre, dans la bonne entente
avec sa famille, avec ses voisins, avec ceux et celles
qu’elle rencontrait. Mais, elle vivait aussi autre
chose : elle atteignait le fondement même de la paix
terrestre parce qu’elle était en paix avec Dieu.
Elle reconnaissait que tout lui venait de Dieu, que lui seul pouvait
combler ses attentes, lui qui l’avait choisie pour accomplir
une grande mission, celle de devenir la mère de
Jésus. Elle avait certainement appris à son enfant
que le bonheur le plus grand lui viendrait de son accomplissement de la
volonté de Dieu. Femme du Fiat, elle faisait de sa vie une
bénédiction de Dieu et apprenait à
Jésus à en faire autant de telle sorte que tous deux
pouvaient se reposer en Dieu qui savait combler leurs attentes et
répondre à leur espérance. Cela les
conduisait certainement à une vie de plénitude,
à une confiance filiale en un Dieu qui ne trompe et ne
déçoit jamais.
Marie, fille de Dieu
Marie
est par excellence la fille du Père. À ce titre, elle
ne pouvait pas ne pas être artisane de paix. Revoyons-la en
diverses situations de sa vie. Quand elle retrouve Jésus au
Temple, elle lui fait un reproche maternel mais, elle
l’écoute motiver son geste et essaie de le
comprendre. Quand, à Cana, elle veut éviter la honte
à l’hôte de la fête, elle trouve
moyen de faire renverser la situation. Quand, au pied de la croix, elle
demeure digne dans la douleur, elle ne fait de reproche à
personne. À la contempler, nous apprenons la signification de
ce titre de fils de Dieu que nous avons depuis notre
baptême : nous sommes en vérité
fils ou fille de Dieu et donc, artisan ou artisane de paix.
Celles
et ceux qui méritent d’être
appelés fils de ce Dieu d’amour et de
paix (2 Co 13,11), ce sont les artisans, les
faiseurs de paix. Ils sont appelés, nommés ainsi
parce qu’ils le sont déjà. Le bonheur,
c’est d’être fils ou fille de Dieu, de
se reconnaître et d’être reconnu ainsi.
Puisse Notre-Dame de la Paix nous en convaincre!
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