Pensées spirituelles

Ne manquez pas les nouveaux coups de coeur de François Gloutnay ainsi que les autres liens revisés...


Sommaire janvier-février 2010

Premier mot
À qui cela va-t-il servir ?
par Jérôme Martineau

En bref
Des informations diverses et des livres suggérés.

Entrevue
La recherche du bonheur

Une entrevue avec Martine Pelletier et Patrick Snyder les co-auteurs d’une recherche sur le bonheur. Oui, les hommes et  les femmes d’aujourd’hui veulent être heureux.
Propos recueillis par Jérôme Martineau

Reportage
Les paysages du coeur

Gilles Caron est prêtre des Missions Étrangères et il œuvré au Japon durant 47 ans. Cet artiste a décoré dans ce pays plusieurs églises. Portrait d’un artiste remarquable.
Un reportage de Jérôme Martineau

Reportage
La famille, un terreau pour transmettre la foi

Les changements survenus dans le monde de l’éducation font que les familles s’impliquent davantage dans la formation religieuse de leurs enfants.
Un reportage de Chantal Larochelle

Portrait
L'Abbé Marcel Héroux
Témoigner en actes et en présence

Malgré une hémiplégie droite, un prêtre résident dans un centre de soins de longue durée témoigne par son silence et sa prière.
Un reportage de Chantal Larochelle

Répondez-moi
L’excommunication

par Paul-Émile Landry

Marie
Marie femme du peuple

Prière
Je voudrais m’habiller de Dieu

Par Jean Debruyne

Reportage PDF Imprimer Envoyer

Le Centre Emmaüs : un  engagement auprès des jeunes

Le Centre Emmaüs à Victoriaville appelle les jeunes à avancer sur le chemin de la vie et de la liberté. Ce centre d’animation fondé par les Frères du Sacré-Cœur accompagne les jeunes afin qu’ils s’engagent avec d’autres au cœur du monde.

Par Jérôme Martineau

 

Le frère Martin Yelle, frère du Sacré-Cœur, est directeur du Centre Emmaüs à Victoriaville. Il continue l’œuvre d’éducation des frères en ouvrant de nouvelles voies de présence aux jeunes et aux familles.



 

 L’Institut des Frères du Sacré-Cœur a vu le jour dans la ville de Lyon en France en 1821. Le Père André Coindre en est le fondateur. Ce prêtre s’est laissé émouvoir par l’état d’abandon où se trouvaient alors les jeunes qu’il  connaissait. Il a voulu, en fondant un nouvel institut de frères, que ces derniers se fassent proches des jeunes délaissés en leur enseignant un métier et en les aidant à trouver un sens à leur vie avec Jésus pour guide.

Les frères du Sacré-Cœur sont arrivés au Québec dans la petite ville d’Arthabaska, aujourd’hui Victoriaville, en 1872. Ils y ont  ouvert une école commerciale. Ils ont par la suite fondé des collèges dans plusieurs localités du Québec. Aujourd’hui, la plupart de ces institutions sont fermées mais les frères gardent comme mission la présence auprès des  jeunes. C’est ainsi qu’au moment de la fermeture du collège de Victoriaville, une équipe de frères a décidé de créer un centre d’animation pour les jeunes de 11 à 35 ans.

Le frère Martin Yelle est un artisan de la première heure du Centre Emmaüs. Entré chez les frères du Sacré-Cœur en 1990, Martin Yelle travaille avec les jeunes depuis ce temps. Il explique le sens de l’engagement des frères auprès des jeunes dans le Centre Emmaüs. « Nous voulions offrir un service aux jeunes adultes. Nous n’avions plus notre collège mais il fallait rejoindre les jeunes sur la route, sur leur terrain de vie. La communauté a procédé à un discernement et le projet a été lancé avec cinq frères. Il est bien évident que nous avons dû ouvrir des portes et être créatifs. Nous avons expérimenté plusieurs activités dont la création d’une chorale gospel. Nous avons créé des contacts avec les groupes communautaires, tels la Table de concertation jeunesse et le Festival jeunesse de Victoriaville. Les frères s’engagent aussi dans des groupes d’éveil de la foi comme l’Étincelle et la Flambée. »

Un accompagnement sur la route

Martin Yelle explique que l’évangélisation est l’objectif premier du centre. Le Centre Emmaüs est un lieu de formation chrétienne pour les jeunes adultes. « Nous voulons être proches des jeunes afin de les aider à réfléchir sur leur rapport au monde et à Dieu. Nous favorisons une évangélisation de proximité. C’est ainsi que nous proposons aux jeunes des activités qui sont à leur niveau. Nous favorisons avant tout un ministère de présence. Il est certain aujourd’hui que dans plusieurs milieux nous ne pouvons pas annoncer Jésus Christ dès la première conversation. Il faut ouvrir des portes latérales par des projets qui créent des liens avec les jeunes. Nous leur proposons une démarche qui les amène sur la route de la liberté. Nous partons du principe que Jésus a été durant sa vie plus souvent sur la route que dans les synagogues. Nous, au Québec, nous nous sommes trop réfugiés dans les paroisses. Je constate que l’Église auparavant était présente un peu partout dans la société. Elle ne l’est plus. Il faut maintenant favoriser la naissance de nouveaux lieux de rencontres avec les jeunes. »

Une question est présente chez les animateurs du centre Emmaüs : comment rejoindre les passions des jeunes?  « Une réponse à cette question a été proposée en s’associant avec des jeunes afin qu’ils portent cette mission avec nous. C’est par des rencontres avec des jeunes que des projets se mettent en place. » Martin Yelle en donne un exemple en signalant que le centre crée des contacts avec de jeunes artistes. Un réseau de jeunes artistes du nom de TissArt a été lancé. Ce réseau favorise l’entraide et le soutien. Les artistes peuvent aussi échanger des compétences. Le réseau rejoint une quarantaine d’entre eux. Un festival de jeunes artistes de la relève est en préparation.

Ces projets suscitent dans le milieu une certaine crédibilité. Le Centre Emmaüs devient ainsi aux yeux de plusieurs personnes un organisme qui ne fait pas que des activités « cathos ». Ces projets suscitent aussi un engagement de la communauté. « Les gens sont avec nous », dit avec fierté Martin Yelle.

Une présence à la famille

L’équipe du Centre Emmaüs a pris conscience que ses activités pouvaient rejoindre les couples et les familles. C’est ainsi que des jeunes couples peuvent partager leurs préoccupations ainsi que les questions spirituelles qui les habitent. LesDéjeuners couples croissants sont des rencontres sous forme d’un brunch permettant à des couples d’échanger sur leur vie et de se soutenir dans le défi d’élever leurs enfants dans le monde d’aujourd’hui.

Le bulletin de liaison  Sur la route, couples et familles a été créé. Ce bulletin mensuel offre aux couples et aux familles des éléments de réflexion et des activités à réaliser en famille selon la saison et les moments de l’année. Ce bulletin offre la chance aux jeunes familles de s’offrir un  moment de croissance et de célébration de la vie.

Un autre projet est offert aux familles qui désirent inscrire leur enfant dans une activité d’éveil à la spiritualité chrétienne. Il s’agit de La P’tite pasto. Ce programme met à la disposition des parents et de leurs enfants de 0 à 5 ans une rencontre par semaine. L’équipe d’animation leur propose des activités d’éveil à la foi adaptées aux enfants de cet âge. Le centre Emmaüs a engagé une personne chargé de projet afin de répondre aux besoins des jeunes familles.

Dans le prolongement de ces activités, le Centre Emmaüs a constaté de grands besoins liés à la situation des immigrés colombiens qui demeurent à Victoriaville. Martin Yelle explique pourquoi le centre s’implique avec eux dans un projet d’alphabétisation. « Nous avons été sensibilisés à la vie concrète des Colombiens qui sont parmi nous. Nous nous sommes demandé comment nous pourrions leur venir en aide et leur apporter des services. Nous avons constaté que les adolescents vivaient des difficultés d’intégration. Ils ne connaissaient pas bien la langue. Le décrochage scolaire devenait chez eux une réalité alarmante. Nous avons donc lancé un projet d’aide aux devoirs pour les adolescents. Nous avons convoqué une conférence de presse pour annoncer notre initiative. C’est ainsi que quinze personnes bénévoles sont venues travailler avec nous. Un programme d’Emploi Québec nous soutient et nous offrons un projet pilote d’atelier de francisation et de socialisation pour les immigrants.»

Le Centre Emmaüs déploie sa mission dans les domaines de la croissance personnelle, de l’expérience et l’engagement communautaire, dans les arts et la culture ainsi que dans le domaine de la croissance spirituelle.

 Une pastorale d’accompagnement

Le frère Martin Yelle compte maintenant plusieurs années d’engagement auprès de la jeunesse. Il croit que l’approche pastorale des jeunes passe par ce que Jésus enseigne au chapitre 25 de l’Évangile de Matthieu : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il continue à expliquer l’approche du Centre Emmaüs. « Pour nous, l’évangélisation passe par la réponse à des besoins concrets. Cela nous permet d’offrir des ressources originales qui répondent aux besoins des jeunes. Nous sommes ici le seul organisme sans but lucratif qui s’occupe de l’évangélisation des jeunes. Nous avons créé une synergie entre les paroisses, la zone pastorale et d’autres groupes du milieu. Nous avons signé avec les paroisses de Victoriaville une entente de partenariat pour porter ensemble le projet de pastorale jeunesse. »

Le travail pastoral auprès des jeunes est un projet à long terme. « Je ne crois pas au court terme dans ce domaine. Les jeunes n’ont plus aucunes références religieuses et spirituelles. Nous partons de zéro. Les jeunes identifient encore l’Église à la paroisse. Il faut dépoussiérer tout cela. D’un autre côté, chez les jeunes couples, la naissance d’un enfant fait surgir des interrogations liées à la religion et à la spiritualité. C’est là que nous pouvons assurer un suivi qui tienne compte de leurs questions et de leur cheminement. »

« Nous voulons donner l’image d’une Église qui est partenaire des gens qu’elle rencontre. Nous sommes présents avec les gens. Nous mettons quelque chose de notre vie en commun avec eux. Nous avons des projets de camp avec les jeunes de la rue. Nous voulons les stimuler afin qu’ils reprennent goût à la vie. Ces jeunes ont des talents. J’espère que le Centre Emmaüs sera toujours à l’écoute du milieu. Nous ne voulons pas devenir un organisme qui a seulement une vocation sociale. Nous avons comme objectif de favoriser une évangélisation de proximité et être des disciples de Jésus dans les milieux de vie qui nous entourent car le Christ apporte toujours du neuf dans nos vies. »

Site Internet : cebf.org