Le communautés chrétiennes missionnaires
Il
y a encore dans notre Église des personnes qui osent mettre en
place des initiatives nouvelles dans le but de proposer aux jeunes
adultes des lieux où vivre leur expérience
chrétienne. Voilà le projet mis en place par les
Communautés chrétiennes missionnaires.
Par Jérôme Martineau
Le père Pierre-Olivier Tremblay o.m.i croit en la capacité des Communautés chrétiennes missionnaires de redonner un souffle nouveau à des jeunes qui veulent redécouvrir la place de Jésus Christ dans leur vie. Il a lui-même fait cette démarche à l’âge de 14 ans.
Pierre-Olivier
Tremblay est Oblat de Marie Immaculée. Il est
âgé de 38 ans et il a été
ordonné il y a dix ans. Un homme dans la force de
l’âge qui bénéficie encore de
l’énergie qui caractérise les personnes de
cet âge. Il raconte, dans un témoignage
qu’il a donné devant des
jeunes, que c’est à
l’âge de 14 ans qu’il a vécu
une conversion en lisant la Bible dans sa chambre. Lire la Bible
à l’âge de 14 ans! Voilà le
défi qu’il s’était
lancé après qu’un ami qui se disait
athée lui ait remis ce livre. C’est en lisant les
pages de cette Bible que le jeune adolescent qu’il
était a découvert que Dieu l’aimait.
« La lecture de cette Bible, raconte-t-il,
a sans doute été l’acte le plus important
de ma vie. J’y ai rencontré un Dieu amour qui
m’aime pour ce que je suis et non pour ce que je fais. Dieu
n’était plus pour moi juste une idée.
C’est à ce moment que ma vie a changé.
J’étais un jeune homme timide et j’ai
pris peu-à-peu confiance en moi. »
Devenu prêtre, Pierre-Olivier Tremblay s’est
retrouvé vicaire à Chibougamau. Il est vite
confronté à la situation des jeunes adultes qui ne se
retrouvent plus dans la grande communauté paroissiale. Cette
situation est d’ailleurs vécue partout au
Québec. C’est à partir de cette
constatation que Pierre-Olivier Tremblay regroupe en avril
2003 des jeunes adultes. C’est à ce moment que
naissaient les Communautés
chrétiennes missionnaires.
Aujourd’hui ils sont plus d’une cinquantaine de
jeunes adultes, âgés entre 18 et
40 ans, à faire partie de groupes communautaires à
Trois-Rivières, Montréal, Québec,
Sherbrooke, Victoriaville, Laval et Gatineau.
Donner la parole
Pierre-Olivier
Tremblay souhaite que ces communautés missionnaires soient un
projet d’Église pour les gens de tous les
âges. « Nous devons vivre des
expériences de dialogue, dit-il. Il faut que les jeunes
deviennent les acteurs de leur expérience spirituelle.
L’idée de base est de revenir au sens de la
fraternité dans des cellules
d’évangélisation. Les rencontres se font
dans les maisons et nous ne voulons pas plus de 15 personnes dans
chaque groupe. Si le groupe est plus nombreux, on devra en
créer un autre de manière à multiplier les
groupes de base. Les membres se rassemblent pour partager sur leur vie
et sur la Parole de Dieu. »
L’objectif de ces communautés est de permettre aux
participants d’écouter ce que Dieu a à
dire dans nos vies. Pierre-Olivier
s’explique : « Il faut
vraiment écouter pour découvrir que Dieu est
à l’œuvre dans nos vies. Nous invitons
les participants à approfondir leur expérience
spirituelle et humaine. Notre spiritualité
s’inspire du discernement tel que vécu et
enseigné par saint Ignace de Loyola, le fondateur des
Jésuites et l’instigateur des Exercices
spirituels. En même temps, cet échange de
parole permet de développer la capacité de dialogue
chez les jeunes. L’expérience spirituelle
vécue dans ces groupes a aussi pour objectif de ne pas
séparer la vie de la foi. » Cette
expérience se situe au niveau de la vie. Pierre-Olivier
Tremblay affirme que cela ne repose pas sur des effets
spéciaux de manière à impressionner les
participants. Les membres de ces cellules s’engagent aussi
dans différents milieux.
« Nous partons de l’idée que
Dieu est présent dans le monde, dit Pierre-Olivier Tremblay.
Nous devons attiser la flamme qui sommeille en chacun de
nous. » C’est en écoutant les
jeunes lui raconter qu’ils n’étaient
plus capables de dire leur foi que Pierre-Olivier a cru bon de
créer un lieu où de jeunes adultes pourraient
s’exprimer librement. « La parole est
importante pour permettre le développement de la vie. Nous
n’avons qu’à observer ce qui se passe
chez un jeune enfant qui apprend à parler. Je
m’émerveille toujours lorsque des
chrétiens prennent la parole pour parler de leur foi. Je me
souviens d’un événement qui est survenu
dans une cellule où une jeune femme timide
n’osait pas faire de musique. Elle a pris confiance en ses
talents et elle a même fait de la musique dans sa
paroisse. Le milieu a permis à cette jeune femme de
croître. Il favorisait les apprentissages. C’est
souvent à partir de ces expériences
qu’émergent les leaders. Je me souviens aussi
d’un jeune homme qui n’osait pas nommer Dieu. Il
parlait de « chose bonhommed’en haut ».
Un jour il a été capable de nommer le Dieu qui
l’habitait. La foi a pris chair dans sa
vie.»
L’accueil de la
Parole de Dieu est un élément fondamental de ces
cellules d’évangélisation.
« Cette parole change la vie des jeunes. Elle les
libère et elle les fait grandir. Elle inspire leur
prière qui devient une prière simple et pas
compliquée. En méditant la Parole de Dieu, en la
priant et en échangeant autour d’elle, les
participants apprennent à lire les signes des temps. Les
jeunes veulent du vrai et du vécu. Voilà ce que nous
devons leur offrir. »
Pierre-Olivier Tremblay propose une approche basée sur les
trois « P » :prière, présence et parole. Il la
complète en disant qu’il faut avec les jeunes avoir
une approche patiente. Il faut donc être comme le levain dans
la pâte… Il
ajoute : « La mission est
l’œuvre de Dieu. Nous devons laisser Dieu faire
son affaire. Nous avons à être les témoins
de sa présence par le rayonnement de notre être. Il
faut que nos gestes parlent plus fort que nos
paroles. »
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« J’ai observé que les
jeunes sont des nomades. Ils se déplacent beaucoup pour étudier et pour
travailler. Nous devons les prendre tels qu’ils sont. Ils peuvent
fréquenter les groupes de base régulièrement puis, ils prennent une
pause. Ainsi, nous sommes quelque temps sans les voir. Tout à coup, ils
reviennent pour poursuivre leur cheminement. »
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Une nouvelle mission
Offrir
une présence aux jeunes adultes est un réel
défi dans la société moderne.
« Nous vivons comme dans un laboratoire dans le
nouveau projet des Communautés chrétiennes
missionnaires. Nous avons beaucoup de choses à apprendre. Les
jeunes sont en croissance et il faut vraiment les écouter. De
plus, j’ai observé que les jeunes sont des nomades.
Ils se déplacent beaucoup pour étudier et pour
travailler. Nous devons les prendre tels qu’ils sont. Par
exemple, ils peuvent fréquenter les groupes de base
régulièrement puis, ils prennent une pause. Ainsi,
nous sommes quelque temps sans les voir. Tout à coup, ils
reviennent pour poursuivre leur
cheminement. »
Pierre-Olivier Tremblay est réaliste :
« Nous sommes actuellement un projet modeste. Je
crois cependant que notre place est pertinente dans
l’Église du Québec. Nous sommes
appelés à voyager léger et à
être flexibles. Nous ne pouvons pas nous fixer, il faut vivre
dans le provisoire. »
Quel
rôle joue un prêtre dans un tel groupe?
Pierre-Olivier Tremblay se voit comme un pasteur qui suscite
l’engagement des laïcs. « Les
prêtres et les laïcs sont appelés de plus en
plus à faire équipe. Certes le prêtre que je
suis se fait aussi enseignant mais mon rôle ne se limite pas
à cette fonction. Je suis aussi un accompagnateur spirituel.
Ma présence est aussi liée aux sacrements. Je
rêve cependant d’accompagner des apôtres.
Je ne me vois pas comme le seul apôtre du groupe.
C’est pour cela que nous parlons de communautés
missionnaires. »
Il est
écrit dans un texte qui définit la vision
des Communautés chrétiennes
missionnaires que ce groupe s’adresse
d’abord aux personnes qui n’ont pas fait
l’expérience du Christ ou qui cherchent le soutien
d’une vie d’Église. Cette
communauté se veut de même « un
nouveau portique d’Église, lieu
d’accueil et d’acclimatation, d’envoi
et de mission, de dialogue, de rencontre et
d’acculturation »
Le
père Pierre-Olivier Tremblay aime bien l’image du
portique. « Le portique que je présente
possède deux portes. L’une est ouverte vers la nef
et l’autre vers le monde extérieur.
C’est ainsi que nous préférons des petits
groupes afin de favoriser l’accueil de nouveaux participants
et la multiplication des communautés. L’ouverture
à la différence est importante. Toute la
dynamique des Communautés
chrétiennes missionnaires repose
sur le fait que c’est Jésus qui est le ciment dans
le groupe. « C’est le Christ qui
fait de l’autre mon frère et ma sœur,
affirme le co-fondateur des CCM. C’est lui qui envoie en
mission et qui nous inscrit dans quelque chose de plus grand que nous.
Si le Christ n’est pas au cœur de nos
communautés, nous devenons un groupe
d’affinité. »
Vous
trouverez des informations supplémentaires
sur le
site Internet: www.tisonnier.fr.gd
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