| Les miracles |
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Jésus a accompli des miracles qui nous sont rapportés par les évangélistes. Encore aujourd’hui, les miracles sont espérés par les personnes malades. Ces mêmes miracles posent aussi des questions à notre foi.
Par Jérôme Martineau
Les quatre évangiles rapportent les miracles selon quatre catégories. On y recense sept miracles en lien avec la nature, soit des récits de tempêtes apaisées ou des pêches miraculeuses. Il y a quinze guérisons corporelles qui sont recensées. Jésus a guéri des lépreux, des paralytiques, des aveugles, etc.… Les évangélistes rapportent aussi trois résurrections. Cette action spectaculaire s’est exercée pour Lazare, la fille de Jaïre et pour le jeune homme de Naïm. Les exorcismes sont aussi considérés comme des miracles. Nous en comptons sept. Il y a des exorcismes qui sont associ és à des guérisons alors que d’autres ne le sont pas. Les miracles ont réellement fait partie de l’activité de Jésus. Cependant, nous devons répondre à cette question : quel sens les miracles avaient-ils pour Jésus? JÉSUS ET LES MIRACLES
Les évangélistes sont discrets lorsqu’ils rapportent l’activité miraculeuse de Jésus. Les descriptions sont très sobres. Les mises en scène ne regorgent pas de détails. On voit que les miracles sont au service d’une autre dimension. Ils ne servent pas d’abord à mettre Jésus de l’avant. D’ailleurs, Jésus recommande souvent la discrétion aux personnes qu’il vient de guérir. De plus, il refuse d’opérer des miracles là où la foule attend de lui un prodige. En Matthieu 16, 1-4, Jésus admoneste les Pharisiens qui réclament un signe en leur disant qu’il n’y aura pas de signe autre que celui de Jonas. Sur ce, il s’en alla. Pour Jésus, le signe ultime sera sa résurrection. Les miracles ne prennent leur réel sens qu’après la résurrection de Jésus. LES MIRACLES ET LE ROYAUME DE DIEU Une étude des récits montre que les actions de Jésus ne visent pas seulement à guérir des personnes malades. À la femme hémorroïsse qui a été guérie, Jésus dit : « Aie confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée. » L’utilisation à quelques reprises du mot « sauvé » montre que le miracle opéré n’a pas que des répercussions dans le corps de la personne. Le miracle apparaît souvent comme un acte de « Jésus sauveur ». Le miracle est un signe du véritable salut. Sa parole est puissante car elle opère des conversions. Le retournement intérieur est vu par Jésus comme le signe du salut offert. Sa parole permet de rétablir l’harmonie dans le corps humain. En ce sens, on remarque que chez Jésus le corps humain participe à la quête du Royaume. Il peut devenir un signe à condition que la guérison opérée soit le début d’une conversion. « Un vrai miracle constitue le prélude d’une conversion. Un fait étrange, troublant même, mais qui ne modifierait en rien le comportement du prétendu « miraculé », ne pourrait pas être un miracle, un signe du Dieu qui nous invite à changer la vie, à changer de vie! » Les miracles sont des signes qui montrent que la création nouvelle − le monde nouveau − est inaugurée. Jésus montre qu’il triomphe des œuvres du mal. D’ailleurs lorsque les envoyés de Jean-Baptiste viennent vers Jésus pour lui demander s’il est le Messie, il répond : « Allez raconter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Mt 11, 2-4) Le témoignage du Dr Patrick Theillier Le Dr Theillier a été responsable du Bureau Médical du Sanctuaire de Lourdes. Il explique qu’il y a trois temps pour qu’un miracle soit reconnu : la déclaration volontaire et spontanée de la personne guérie, l’analyse médicale approfondie et en dernier lieu la déclaration de l’évêque qui annonce qu’un miracle a été reconnu. Il faut compter une dizaine d’années pour reconnaître une guérison miraculeuse. Pour le Dr Theillier, la science pure et dure n’accepte pas les miracles. Cependant des scientifiques acceptent de dire qu’il y a des faits que la science ne peut pas expliquer. Ils savent que le miracle est un signe d ’ordre spirituel. Ils ne veulent pas s’en faire les juges. Les scientifiques préfèrent dire qu’il y a des faits inexpliqués. « Un miracle est avant tout un signe. Dieu parle et agit par des signes qui ne contraignent jamais et nous laissent libres. Les miracles disent que Dieu est vivant et qu ’il agit toujours dans sa création. » Depuis sa fondation, le Bureau Médical de Lourdes a reconnu 67 miracles sur les 7000 cas de guérisons déclarées qui lui ont été signalés. QU’EST-CE QU’UN MIRACLE? Ariel Alvarez Valdés donne cette définition dans la revue Terre Sainte : « Beaucoup de théologiens ont donné du miracle une définition quasi officielle aujourd’hui. Il s’agit de tout fait où se trouvent suspendues les lois naturelles. » Cela veut dire qu’une guérison inexpliquée doit être analysée en lien avec les possibilités scientifiques existantes. Si l’étude démontre que cette guérison est inexplicable et qu’elle contredit les lois naturelles, on se trouve alors face à un miracle. On pense alors que cette guérison a été opérée par une force supérieure. Les chrétiens affirment que cette force est Dieu. Le théologien Bernard Sesboüé écrit « qu’il y a miracle, au sens théologique, là où, pour le regard de l’homme croyant et ouvert au mystère de Dieu, la configuration concrète des événements constitue un signe de la bienveillance de Dieu pour les hommes. » Il n’est pas question ici des lois de la nature. Le miracle selon sa définition classique est de plus en plus difficile à prouver car la science a acquis une plus grande capacité d’analyse. Cette définition fait le lien avec la foi. Comme dans les évangiles, les miracles d’aujourd’hui requièrent la foi en Dieu pour être crus comme des signes venant de lui. Le miracle est un signe qui vient de Dieu. C ’est pour cela qu’il est lié à la foi. « Le miracle provoque la foi, mais il ne peut être reconnu que dans une ouverture à la foi, car il est précisément un appel à la foi. » (Bernard Sesboüé).
« Les miracles sont des œuvres étonnantes, accomplies par Jésus, Crédit photo : J. Martineau |

Croire


Un premier regard sur les récits nous permet d’observer que la foi est liée aux miracles opérés par Jésus. Le rapport entre la foi et le miracle est valorisé. Cette dimension importante permet de voir que Jésus n’opère pas un miracle simplement pour démontrer la puissance divine qui l’habite. Certes cette puissance est agissante mais elle répond à une demande qui vient d’un homme ou d’une femme, un appel qui exprime la foi en Jésus. Les miracles sont souvent précédés d’un dialogue où Jésus interroge la personne. Chez saint Luc, plusieurs récits se terminent lorsque Jésus dit : « Ta foi t’a sauvé. » Au centurion qui vient demander la guérison de son fils, Jésus déclare : « Qu’il t’advienne selon ta foi. »