Pensées spirituelles

Un mois avant la canonisation du frère André, nous vous proposons 30 pensées tirées du livre Frère André disait souvent… Éditions Fides 2010.

Voyez la nouvelle SECTION BLOG par M. Jérôme Martineau

Ne manquez pas les nouveaux coups de coeur de JUILLET 2010 de François Gloutnay ainsi que les autres liens revisés...


Sommaire juillet-août 2010

Premier mot
 Ces grands sportifs de Dieu 
par Paul Arsenault, o.m.i.

En bref
Des informations diverses et des livres suggérés.

Entrevue
La foi des jeunes 
Une entrevue avec Dany Dubois, animateur auprès des jeunes adultes
et ex directeur de Québec Ixthus, un centre d’évangélisation pour les jeunes adultes.
Propos recueillis par Jérôme Martineau

Chemins d'évangile
Ne laissons pas mourir le feu !

par Paul Arsenault, o.m.i.

Reportage
Policier : un métier collé aux valeurs évangéliques
Un reportage de Chantal Larochelle avec M. Michel Beaudoin, directeur de l’École nationale de police du Québec à Nicolet.

Spiritualité
Des instants de bonheur au cœur de la nature

La nature favorise une expérience spirituelle profonde. 
Par Jérôme Martineau

Répondez-moi
Une contradiction biblique ?

par Paul-Émile Landry

Marie
Le regard de la Vierge

Par Georges Bernanos

Mon âme a soif
Apprivoiser la vieillesse 
Par Paul Longpré

Jérôme Martineau est rédacteur en chef de la revue Notre-Dame du Cap. Je suis passionné par tout ce qui fait la richesse de la vie. Ce blogue jette un regard sur l’actualité et sur tout ce qui fait que la vie quotidienne vaut la peine d’être vécue.

La table d'à côté

le Mardi, 07 Septembre 2010.

La scène se déroulait dernièrement au restaurant du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Il y avait huit personnes âgées et malades en provenance d'un centre de soins de longue durée. La plupart était en chaise roulante et ces personnes paraissaient largement diminuées et leur accuité intellectuelle était affrectée. Trois personnes les accompagnaient. C'est tout un travail que d'accompagner un tel groupe. Il faut tout prévoir. Et encore, je suis certain qu'on ne peut pas tout prévoir. J'ai pu constater combien les accompagnatrices étaient sensibles aux besoins de ces personnes. Elles étaient toutes dévouées dans le plus grand respect de chacune d'elles. Il en faut en effet du respect et de la patience pour entrer en contact avec des personnes âgées qui ont maintenant de la difficulté à communiquer. Il faut être sensible au langage non-verbal.

Le repas a débuté par la distribution des médicaments. Voilà qu'on petit pépin se produisit. L'un des hommes a eu de la difficulté à avaler une pillule. Il s'est presque étouffé. Les deux accompagnatrices l'observaient avec attention prêtes à lui porter secours si la situation empirait. Finalement, le médicament en question a pris le «bon bord». Telle a été la remarque de l'une d'elle. Ce moment de grande fragilité m'a fait voir qu'on peut s'attendre à tout à tout moment. Le grand âge demande plus d'attention que de prendre soin d'un nourisson.

Le repas a été servi. L'une des préposées a a damandé à M. X s'il avait dormi durant la messe. Il répondit : «Oui.» À son âge et dans son état, on peut bien se reposer un peu durant la messe. Se reposer en Dieu dans la maison de Dieu. Un moment d'abandon. Une vieille dame a signalé qu'elle avait trouvé le chant beau. Ces huits personnes âgées et malades s'étaient rendues au Sanctuaire sans doute dans le cadre d'une sortie que le centre d'accueuil offre à ses pensionnaires. Ces hommes et femmes ont souhaité venir au Sanctuaire en pèlerinage, un pèlerinage de fin de vie. Mais tout de même un pèlerinage pour se rapprocher de Dieu et de la Vierge. Les persones qui font des pèlerinages ont toujours l'impression de se rapporcher du divin même si elles dorment durant la messe.

Les personnes présentent à cette table représentent la fragilité de la vie ainsi que sa grandeur. Nous sommes tous et toutes destinés à vivre ce dépouillement mais si grand soit ce dépouillement, il doit être accompagné par d'autres personnes qui apportent une assistance humaine et humanitaire. Si la vie est grande, c'est qu'elle offre des moments de communion. Sans ces moments la vie humaine ne vaut pas la peine d'être vécue. C'est peut-être ce que veut dire l'expression «vieillir dans la dignité». L'être humain est digne de la naissance à la mort. La dignité est un projet de vie et non pas un instant de vie. Offrir aux hommes et aux femmes en tout moment de la vie une assistance montre que la vie est digne. Je ne sais pas si la technisation de la sociiété nous fera perdre ces instants de communion?

Le Dieu discret

le Mardi, 31 Août 2010.

Il y a des dimanches matins où il serait bon de relire avec attention les lettres du Nouveau Testament pour y découvrir une nourriture spirituelle très consistante. Je prends pour exemple l'extrait de la lettre aux Hébreux que nous avons entendu dans nos églises dimanche le 29 août dernier. Il y est écrit: «Quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan, pas de son de trompettes...» (He 12, 18.) En s'adressant aux premiers chrétiens l'auteur de cette lettre essaie de démontrer que c'est la foi en Jésus Christ qui est le moteur de notre conversion. C'est la foi en la personne de Jésus, qui selon l'expression de cette auteur, est «le médiateur d'une Alliance nouvelle».

En écrivant ces mots, cet auteur anonyme montre la nouveauté de cette Alliance. Nous ne sommes plus en lien avec un Dieu qui parle dans le cosmos mais en lien avec une personne. Une personne qui a vécu parmi nous et qui a été attentif au sort des hommes. Cette grande nouveauté a une exigence particulière,elle demande une démarche personnelle afin de reconnaître cette personne. Toute la psychologie et l'histoire humaine sont mises à profit. Contrairement au Sinaï, nous n'avonc plus à courber l'échine devant la majesté du Dieu du tonnerre, mais à reconnaître qu'une personne amoureuse habite en nous au fond de notre coeur et que son Esprit éclaire notre intelligence.  C'est tellement moins spectaculaire mais si engageant.

Hélas, il y a encore des choses que nous n'avons pas comprises. Combien de chrétiens sont encore à la recherche du Dieu du tonnerre? Du Dieu de l'ouragan? Ou du Dieu du feu? Il ne faut jamais oublier, et je le crois plus que tout, que le Dieu de Jésus Christ se présente à nous à la manière des disciples d'Emmaüs. Il marche incognito à nos côtés portant le visage des hommes et des femmes que nous rencontrons, hommes et femmes que nous aimons plus ou moins et qui nous dérangent. Un chemin nouveau, un chemin souvent incompris parce qu'il est inattendu, incontrôlable et si discret qu'il demande une constante ouverture de notre être alors que nous ressemblons si souvent à des huîtres fermées.

Le bon voisin

le Mardi, 24 Août 2010.

C'est devenu un lieu commun dans le monde de l'information. Un drame survient dans un endroit, que ce soit un quartier ou un rang, les journalistes se précipitent chez les voisins pour leur demander leur avis. Les voisins peuvent alors avoir leur 10 secondes de gloire. Ils disent habituellement que leur voisin est un homme, une femme ou une famille qui n'a pas d'histoire. «On se disait bonjour de temps en temps.» «Leurs enfants ont joué avec les miens.» En fait les gens disent des banalités. Les drames arrivent aussi chez les gens ordinaires, les gens sans histoire.

Il y a deux ou trois ans les policiers ont a arrêté un membre d'un groupe de motards dans un quartier bien en vue d'une petite ville. Les voisins ne savaient rien. Les voisins ne savent jamais rien. Les journalistes devraient savoir cela. Le gars membre d'un club de motard n'a pas inscrit son statut de criminel sur sa boîte aux lettres. Ses enfants devaient fréquenter une bonne institution scolaire privée catholique. Le plus grand des criminels a tout intérêt à mener une vie normale. La vie normale n'attire pas l'attention Qui a intérêt à attirer l'attention? Personne, à moins d'être exibitionniste.

La vie de bon voisin cache souvent tous les travers. De bons voisins ont tué leur femme. D'autres ont fraudé sur une grande échelle... Toujours de bons voisins. La nature humaine nous réserve des surprises. Tout le monde a son petit côté caché sous des allures de normalité. C'est une refrain connu. La vie normale existe, mais la normalité est ennuyante alors un peu tout le monde a un petit ou un grand hobby caché. Les journalistes devraient être les premiers à le savoir. Si, ils le savent, mais c'est intéressant de faire parler un voisin quand on n'a rien à dire. Ça fait 10 secondes de plus aux nouvelles.

Le visage de notre Église

le Jeudi, 19 Août 2010.

De récentes observations faites dans les grands sanctuaires du Québec m'amènent à constater que le visage de notre Église dans les grandes aglomérations urbaines est en train de changer. Les pèlerins qui fréquentent les sanctuaires sont de plus en plus issus des communautés ethniques. Les Italiens sont là depuis longtemps mais les Haïtiens et les latinos-américains prennent plus de place. Il ne faut pas oublier les immigrés qui viennent du sud-est asiatique. Certes le visage québécois de l'Église n'est pas prêt de disparaître, si la tendance se maintient, le visage est en train de changer.

Qu'est-ce que cela veut dire? Il y a eu auparavant des vagues d'immigration mais les Québécois sont demeurés sur la défensive. La peur a motivé nos actions. L'abbé Lucien Lemieux dans son livre sur l'histoire religieuse du Québec signale ce fait. Je me souviens d'une petite présence irlandaise dans ma paroisse d'origine. On ne peut pas dire qu'il y avait vraiment intégration. Pourtant, ils étaient là depuis un bon moment. Est-ce que l'Église de maintenant saura tenir compte de l'apport de ces catholiques qui vivent leur foi avec une autre sensibilité?

Au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap une messe spéciale est célébrée le 15 août par des prêtres haïtiens pour des Haïtiens. Cette manière de faire est bien. Elle permet à une communauté culturelle de célébrer selon sa sensibilité. Mais, peut-on réellement célébrer ensemble? Nos célébrations froides ne sont pas appréciées par les Haïtiens. Leur chaleur nous étonne. Un Québécois qui a assisté à cette messe me demandait de signaler aux autorités du Sanctuaire qu'une homélie de 35 minutes n'est pas appréciée. Et pourtant l'assistance haïtenne n'a pas protesté. Voilà les défis qui nous  attendent au cours des 25 prochaines années. L'Église aura-t-elle un visage ou un visage multiple selon les communautés culturelles qui la compose? Le cardinal Turcotte me disait il y a quatre ans que la messe se célébrait chaque dimanche à Montréal en 20 langues différentes. Un nouveau monde est à nos portes.

Neuvaine ou festival ?

le Jeudi, 12 Août 2010.

Neuvaine ou festival ? La question s'est posée l'hiver dernier au Conseil de pastorale du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Nous aurions pu y réfléchir longtemps. Nous aurions pu commander une enquête et une étude de  marché. Nous ne l'avons pas fait car nous n'en avions pas les moyens financiers. Il fallait prendre une décision et vivre avec. La décision a été prise : désormais la neuvaine s'appellerait Festival de l'Assomption. Vous le savez sans doute les mots disent beaucoup de choses. Les mots indiquent des changements... des changements dans la continuité.

Le mot neuvaine est un mot qui a une longue histoire dans l'Église catholique. Il évoque une période de neuf jours durant laquelle une ou des personnes adressent une prière à un saint ou une sainte dans le but d'obtenir une faveur. Je me souviens de ma mère qui écoutait religieusement à la radio la neuvaine de l'Assomption retransmise par le poste de radio CHLN. Elle n'en manquait pas un soir. Elle ajoutait la récitation des prières requises. Je me souviens encore du feuillet tout usé qu'elle se servait pour réciter les prières. Cela se passait dans les années 1950. Les Oblats de Marie Immaculée faisaient réellement une neuvaine.

La formule a été adaptée dans les années 1960. Elle s'appelait toujours neuvaine mais  dans les faits elle est devenue une sorte de grande retraite chrétienne. L'accent était mis sur l'évangélisation. Un thème différent était proposé chaque année. Les sanctuaires du Québec ont adopté cette formule et elle a encore du succès. Cependant, nous constatons que depuis 10 ans quelque chose est en train de changer. Les Québécois de souche, comme on dit souvent, vieillissent. Les communautés ethniques sont de plus en plus nombreuses à fréquenter les sanctuaires. Qu'on le veuille ou non quelque chose est en train de se passer. Même le grand sanctuaire de Parays-le-Monial en France a son festival marial autour du 15 août. Le Sanctuaire de Lourdes a le pèlerinage national qu'on appelle mainteant Le national de Lourdes.

Je conviens que le mot festival est employé à outrance. La racine latine du mot festival est festivus c'est-à-dire fête. En revenant à la racine du mot, nous découvrons sans doute le sens profond de la démarche que nous proposons. Les Festival de l'Assomption est une fête, une fête dédiée à Marie. Une fête qui donne place à l'évangélisation populaire, une fête qui donne de la place à des manifestations artisitiques qui favorisent la louange et la prière. C'est dans cet esprit que le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a proposé le Festival de l'Assomption. Bonne fête Marie!

Ce Dieu que je n'aime pas...

le Mardi, 10 Août 2010.

J'entendais il ya quelques jours un témoignage. Un couple témoignait de la découverte qu'ils ont fait de l'amour de Dieu. Tout allait mal dans leur couple. La maladie grave de l'épouse. La perte d'emploi du conjoint. Un jour, leur prière se fait insistante. Voilà, l'épouse est guérie. Le mari retrouve un emploi. Dieu est de notre côté. Voyez comment Dieu nous aime. Soit!  Tout cela est beau. Et si Dieu n'y était pour rien. François Varillon s.j. a écrit dans l'un de ses ouvrages que ce type de témoignage a fait plus d'athées que tout autre parole prononcée sur Dieu. Ce type de témoignage explique le mystère de Dieu en faveur des dons qu'il donne. Lorsque Dieu garde silence. Que dire? Que dire à des personnes lorsque Dieu ne répond pas à leurs demandes de guérison, elles qui ont été fidèles toutes leur vie. Alors, on se rabbat sur l'éternel explication : Dieu est libre. Dieu lui a donné une autre grâce. Dieu ne l'a pas abandonné pour autant.

Certes les évangiles rapportent des faits étonnants. Des guérisons spectaculaires ont été accomplies par Jésus. Jésus nous dit de demander, de frapper à la porte. Il promet que le Père ouvrira. Les chrétiens ont confiance en ces promesses. Mais le mystère demeure. Camus dans ses romans a fustigé ce Dieu qui supposément ne cesse de donner mais qui condamne l'enfant de deux ans à mourir. Les preachers américains prometttent le bonheur, la prospérité, une belle épouse et de beaux enfants à ceux qui s'en remettent à Dieu. Eric Fromm, le psychologue allemand, écrivait il y a plusieurs années  qu'il y avait deux manières de voir la relation au monde et à Dieu : le mode avoir et le mode être. Hélas la religion priviélgie encore trop souvent le mode avoir au mode être.

La religion chrétienne est avant tout un chemin de vie, un chemin de conversion. Nous croyons que des grâces nous sont accordées. Dieu n'est pas sourd à nos demandes. La Bible ne cesse de le répéter. Ces grâces nous sont accordées pour que nous devenions plus humain, plus divin afin que dans l'humanité il y ait plus d'amour, de fraternité et de justice. Alors oui, les guérisons sont possibles, mais elle le sont pour témoigner non de notre capacité à intercéder mais pour que cette grâce extraordinaire qui nous est donnée soit eu service du Royaume et qu'elle crée encore plus d'humanité.

Un beau dimamche ordinaire

le Jeudi, 05 Août 2010.

Cela se passait par un beau dimanche ordinaire dans une petite paroisse des Cantons de l'Est. Il était  8h et le soleil dominait la vallée. L'air était pur. Une grosse rosée blanchissait l'herbe. Un silence auquel nous ne sommes pas habitués en ville régnait sur cette campagne. Je me suis même rendu au cimetière visiter la tombe de Dorris Lussier. Ce comédien qui incarnait du Père Gédéon a fait inscrire sur sa pierre tombale : «Je suis allé voir si mon âme est immortelle.» Revenons au dimanche ensoleillé. Les cloches ont sonné. Pour qui? À 8h15, tout le monde dormait encore dans ce village. Seul les plus âgés étaient réveillés. Quelque-uns d'entre eux sont venus à la messe. Une messe ordinaire comme je les aime. Une messe sans décorum, sans fla fla où l'on peut entendre la Parole de Dieu et prendre un temps de silence après la communion. Une messe qui fait entrer dans le mystère de Jésus Christ ressuscité qui propose de le suivre sur le chemin de la vie.

L'homélie a été prononcé par un diacre permanent. Rien de bien sensationmnel. Une réflexion ordinaire sur un grand texte. Ce texte de l'Évangile de Luc nous met en garde sur le fait de remplir nos greniers de biens. Jésus nous propose  «d'être riche en vue de Dieu». En quoi consiste cette richesse? Pas un mot dans l'homélie. Ah oui, le diacre nous a parlé de sa grand-mère qui récitait trois rosaire par jour. Elle amassait son trésor. C'est dommage que de si grands textes, des textes qui font appel à une ouverture d'esprit  tombent si bas.

C'était un dimanche ordinaire qui ressemble à tant d'autres dimanches ordinaires. À la fin, l'assemblée s'est dispersée. Les uns et les autres ses sont salués pour repartir vers d'autres occupations. Le sacristain a tout rangé et il est sorti. Il a tournée la clé dans la porte. Les portes allaient de nouveau s'ouvrir le dimanche suivant. Telle est maintenant la vie d'une paroisse ordinaire. De dimanche en dimanche le sacristain débarre les portes pour environ une heure. Et puis après... Le désert! Ah oui, le curé, un homme d'une grand sensibilité, presqu'un mystique, est monté dans l'auto du diacre pour se rendre dans le village voisin célébrer une autre messe ordinaire.

Quand ça déraille...

le Lundi, 02 Août 2010.

La scène se déroulait lors du dernier Tour de France. Le cycliste Andy  Schleck  avait un peu plus de 40 secondes d'avance sur son rival Alberto Contador. Nous en étions à quatre jours de la fin du Tour. Dans une montée, Andy Schleck a pensé qu'il pouvait se distancer d'Alberto Contador. Il use de stratégie et il choisit son moment pour attaquer. Surprise! Le dérailleur ne suit pas. La roue arrière du vélo saute. Schleck doit mettre le peid à terre pour remettre la chaîne dans l'engrenage. Contador s'aperçoit de la mésaventure de son rival. Il accélère. Il prend une légère avance que Schleck ne pourra jamais lui ravir. La Tour de France s'est joué sur un dérailleur qui n'a pas fait son travail. Une toute petite faute de rien qui s'est produite à un moment où elle n'aurait pas dû se produire. J'ai été témoin en direct de cette mésaventure. J'aime bien Andy Schleck et je n'en croyais pas mes yeux.

Cet événement m'a fait réfléchir sur la fragilité de nos entreprises. Sur la fragilité de la vie en général. Combien de fois un petit événement de rien fauit dérailler l'avenir de notre vie. Les politiciens craignent plus que tout ce petit rien qui peut mettre fin à leur carrrière. On dit souvent qu'il s'agit de glisser sur une peau de banane pour que la suite de notre vie en soit changée.

Cette petite scène du Tour de France devrait nouos servir de leçon au moment où de plus en plus de personnes croient qu'ils peuvent contrôler leur vie grâce à différentes techniques. J'ai souvenir d'une femme que je connais qui souffre depuis quelque temps d'une déficience en fer. Elle me disait :«Pourtant, je me nourris bien.» Traduisons :« Puisque je me nourris bien, rien ne pourra m'arriver.» Eh bien, ce n'en n'est rien! Qui peut ajouter un jour à sa vie! «Vanité des vanités», est-il écrit au livre de l'Ecclésiaste... Tout peut nous arriver dans la vie. On ne peut pas fuir. On peut prévenir mais encore, la fragilité finit toujours par l'emporter. Drôle de sort que nous réserve la vie à nous qui sommes à la rechercher de la toute puissance!

Le départ du cardinal

le Mercredi, 28 Juillet 2010.

Le cardinal Marc Ouellet quitte Québec. La rumeur circulait depuis un certain temps. Dans le fond, elle circulait depuis son arrivée à Québec. Ce proche du pape, il faut se le dire, était au Québec en mission. Il était clair que le Vatican voulait une reprise en main de l'épiscopat québécois jugé aux yeux de certains trop progressiste et peut-êtrre trop mou face à des dossiers politiques comme celui de l'avortement. Mgr Marc Ouellet avait dès son intronisation à Québec marqué le pas. J'avais perçu dès les premiers documents officiels un changement de ton. Il ajoutait au bas du titre archevêque de Québec celui de primat de l'Église canadienne. Les archevêques de Québec ne faisaient plus cela depuis plusieurs années. Il était clair que le cardinal allait se servir de ce titre honorifique pour en faire plus.

Il  avait mis en place durant son séjour à Québec le « ton du cardinal ». Homme affable, il est intransigeant. Il provoque. Des Québécois appréciaient, d'autres pas. Une rupture s'installait petit à petit. Les médias le voyaient venir. Il suscitait la controverse. Il était devenu l'allié d'une certaine droite puissante et riche. Il recevait des appuiis financiers importants. Plusieurs Québécois avaient l'impression de ne pas être écouté. Le cardinal avait tendance à s'exprimer au nom de l'Église d'ici, chose que plusieurs lui ont reprochée. Il ne faisait pas l'unanimité au sein même de l'épiscopat. Les évêques sont discrets, mais des rumeurs circulent.

Le cardinal Ouellet aura à Rome un poste important et de haute influence. Il aura la main haute sur la nomination des évêques à travers le monde. Cela m'amène à une réflexion en terminant ce billet. La nomination des évêques est devenue un événement hautement politique. La ligne directrice part de Rome et du pape. On recherche désormais un certain profil d'homme. Nous sommes désormais en période de réforme. Les prêtres trop libéraux sont mis de côté. L'Esprit Saint souffle maintenant d'un seul côté, c'est comme si l'on savait d'avance d'où le vent vient alors que l'Esprit souffle de tout côté, du moins c'est ce que dit la Parole de Dieu. À vouloir contrôler l'Esprit, on finit par l'évacuer! Mais comme le vent... l'Esprit sait être créatif et déjouer ceux qui luii tracent un plan. C'est ce que l'histoire m'a appris. C'est là mon espérance.

Toutes ces églises!

le Mardi, 20 Juillet 2010.

J'écrivais la semaine dernière que j'ai visité le Nouveau-Brunswick et particulièrement l'île de Grand Manan. Comme dans plusieurs voyages effectués dans ces régions j'ai de nouveau observé le nombre de petites églises de différentes dénominations chrétiennes qui bordent les routes. Elles sont presque toutes là. Il y a même quelques unes dont je ne soupçonnais pas l'existence.Nous retrouvons au Québec un phénomène semblable  dans quelques municipalités qui bordent la frontière américaine dans les Cantons de l'Est.

Je me pose souvent une question en observant ce phénomène : qu'est-ce qui a amené une telle prolifération d'Églises? Il y a des considérations culturelles, historiques et spirituelles qui sont derrière chacune des ruptures avec une Église  mére. Je pense à ce qui est arrivé en Allemagne à l'époque de Luther. Ce moine augustinien a dénoncé haut et fort des abus liés à des habitudes prises dans l'Église catholique. La grande Église puissante n'a pas entendu ces questions. Chacune des parties s'est figée dans ses positions.Un bon jour, la rupture a été consommée.

Chacune des églises observée sur le bord de la route a un petit clocher ou du moins une croix sur sa façade. Symbole parlant. Toute les églises affichent la croix. Un signe d'unité? J'aimerais le croire. À quoi sert toute cette diversité des rites? Sommes-nous en contradiction avec l'appel lancé par Jésus qui invitait ses disciples à vivre dans l'unité? Cette diversité ne pourrait-elle pas témoigner d'une forme d'unité? La nature qui nous entoure est si diverse et pourtant elle est belle. Le grand arbre du christianisme peut-il vivre l'unité dans la diversité comme l'écrivait le pasteur Roger Schutz?

Il y aura toujours une tension entre la diversité et l'unité. L'Église catholique le sait bien elle qui met tant d'efforts pour préserver l'unité dans ses rangs. Il demeure que je voudrais mieux connaître les personnes qui fréquentent ces églises pour voir en quoi elles me ressemblent et en quoi elles diffèrent de ma tradition. Oui, ces petites églises blanches indiquent publiquement qu'il y a un seul Seigneur mais que dans l'histoire les hommes ont exprimé de différentes manières la compréhension de sa mission. Telle est la richesse de la vie de Jésus.

Le bord de la mer

le Jeudi, 15 Juillet 2010.

J'ai passé quelques jours au bord de la mer au  Nouveau-Brunswick. La mer! Oui, la mer est un passage obligé au cours de l'été. Quelques jours suffisent pour recharger les batteries et pour rêver... Surtout rêver! Il fait bon rêver après avoir travaillé dur durant une année. Le rêve refait la vie, du moins, il nous projette en avant, nous met en contact avec nos désirs profonds si souvent enfouis derrière nos préoccupations. La mer a sur moi un effet thérapeutique. Elle me calme. Je dors bien près de la mer. Que d'écrivains se rendent au bord de la mer pour écrire, pour rêver, pour exercer leur créativité.

Le bord de la mer me permet un instant de devenir un enfant. La couleur des roches, les coquillages et les dessins provoqués par le mouvement des marées attirent mon attention. La nature me change. Je suis souvent allé au bord de la mer lorsque nos enfants étaient jeunes. Nous revenions toujours avec une collection de ceci ou de cela. Ils étaient heureux. Je ne ramasse plus rien, mais j'observe ce que la nature a à offrir en cadeau. Elle en offre de beau cadeaux. Un séjour de trois jours dans l'île de Grand Manan au sud du Nouveau-Brunswick., j'ai aussi une passion pour les îles,m'a de nouveau fait découvrir le style de vie originale des insulaires. Ces personnes forment une communauté tricotée serrée. Sur cette île, des paysages à couper le souffle nous accueillent. Le brouillard fait aussi des siennes mais comme disait mon épouse, pourquoi s'en faire, nous sommes en vacances. J'ai finalement pris un livre et j'ai lu.

Un soir dans la  Baie de Fundy à la plage d'Alma j'ai regardé les agissements de quatre enfants d'une même famille sur la plage. Qu'est-ce que les enfants peuvent y faire? Ils s'inventent un monde, une vie. Tout y est. Chacun occupe sa place. L'aîné semblait gérer tout le monde. L'un des plus jeunes maugréait parce que l'aîné modifiait le canal qu'il creusait. Finalement, il est allé rejondre sa mère, source de consolation et arbitre des conflits.J'y ai vu la métaphore de ce qui se passe en société, comme quoi un journaliste est toujours un journaliste... même en vacances!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mafia règle ses comptes

le Mercredi, 30 Juin 2010.

Les médias rapportent de matin le meurtre d'un des dirigeants de la mafia montréalaise. Un meurtre de plus dans cette sphère de l'activité humaine en 2010. En lisant cette nouvelle, je me suis rappelé une réflexion que je faisais à un ami. Appartenir à la mafia n'est pas un gage de vivre vieux. Les luttes internes emportent les subalternes comme les dirigeants. La société mafieuse a ses propres lois et y déroger amène à une condamnation sans appel. mais, il y a toujours des recrues qui pensent y faire leur carrière et déjouer le sysytème. La mafia comme toutes les autres organisations criminelles, les motards inclus, sont des groupes où l'exercice du pouvoir est absolu. Les membres doivent un respect absolu aux chefs et les chefs sont ceux qui bénificient le plus des retombées économiques. Dans le fond, le nerf de la guerre des mafiosos est l'argent. Toujours plus d'argent!

Il ne peut plus servir la messe

le Lundi, 28 Juin 2010.

Il ne peut plus servir la messe. Qui donc cette sanction touche-t-elle? Elle touche un homosexuel de la paroisse St Michael à Cobourg en Ontario. Suite à des pressions en provenance d'un groupe de paroissiens, un homme homosexuel ne peut plus servir la messe et cela malgré une médiation de l'évêque du diocèse de Peterborough, Mgr Nicola Di Angelis. Cette nouvelle, lue sur le site de Golias, a fait le tour du monde. Une fois de plus les purs de l'Église ont eu gain de cause. Il y a depuis quelques années un retour de la pureté, une pureté qui s'impose et qui dicte ses lois. Une pureté qui juge. Une pureté qui exclue. Les homosexuels sont devenus les cibles privilégiés de cette chasse aux sorcières. En France, les jeunes filles ne peuvent plus servir la messe dans quelques diocèses. Dans quel monde entrons-nous?

Toujours sur le site de Golias, j'ai trouvé ce petit texte d'un prêtre français qui traduit mon état d'esprit vis-à-vis cette nouvelle. «Encore... Quand arrêtera-t-on de stigmatiser ces personnes? En tant que prêtre j'ai connu nombre de chrétiens gay et leurs espoirs, leurs demandes, n'étaient pas différentes de celle de l'ensemble de la communauté paroissiale, en revanche leur foi était plus douloureuse et souvent plus riche car confrontée aux regards de l'autre, aux positions contraires à la miséricorde et à la charité émanant de Rome ou aux directives nauséabondes de l'épiscopat.»

 Il poursuit : « Aujourd'hui, je dis ASSEZ CELA SUFFIT! Que les disciples arrêtent de se prendre pourle Maître, mais qu'à Son image, ils soient présents à TOUS sans aucune restriction. Qu'importe que vous soyez gay ou hétéros si ce que vous vivez et vécu en esprit de vérité et si c'est l'amour qui est centre de votre vie.»

 Jésus tout au long de sa mission a tenu des propos très durs envers ceux qui dans le religion juive, sa religion, portaient un jugement sur les autres. Il accueilli bien des personnes qui n'osaient plus se rapprocher du Temple. Ce même esprit devrait nous habiter car sous le ciel, il n'y a que des enfants de Dieu.

Faut-il taxer les églises?

le Mercredi, 23 Juin 2010.

Un événement retient mon attention ce matin.De plus en plus de personnes pensent  que les institutions religieuses comme les paroisses devraient payer le plein montant des taxes municipales. Un choniqueur du quotidien La Presse a calculé pour la ville de Montréal les sommes perdues à ce chapitre. Ce débat revient de temps en temps dans l'actualité depuis quelques années. C'est bien clair que les municipalités comme le gouvernement sont à la recherche de plus d'argent. Il y a toujours eu au Québec un moratoire sur cette question, mais la donne a changé et les attaques seront plus vives. J'ai toujours cru que les églises étaient des édifices au service du peuple payé par le peuple. Quoi que de plus inutile qu'une église! Les églises servent au culte et aux grands rites de passage. Du moins, elles servaient à cela. Aujourd'hui, elles sont désertées. Les municipalités s'y prennent un peu tard. Il n'y a plus de paroisses réellement rentables. Je reviens à l'idée de faire des églises des édifices pour le peuple. Des lieux où la quête spirituelle et fraternelle peut se vivre. Un lieu d'accueil indiférencié. Une ville devrait permettre à ces lieux d'exister car d'une certaine manière ils contribuent au mieux être de la collectivité. Je lance de même un appel aux administrations paroissiales afin qu'elles tienennt compte de ce changement dans la perception d'un lieu de culte. Je ne suis pas certain qu'on a bien exploré toutes les voies afin de faire que les églises que l'on dit être la maison de Dieu, soient aussi la maison du peuple, car qu'est-ce qu'une maison si elle ne sert de refuge qu'à Dieu. Dieu nous invite toujours chez lui. Il pratique la politique de la porte ouverte. Chez lui il n'y a que des invités!

Le pardon refusé

le Lundi, 21 Juin 2010.

Les médias ont fait état la semaine dernière du pardon que la Chambre des communes à Ottawa a refusé à Karla Homolka, la complice de  Paul Bernardo. Je ne me prononcerai pas sur ce cas qui semble complexe mais je désire quand même réfléchir quelques instants sur une tendance observée dans la société. C'est clair, le pardon n'a plus la cote. Un peu partout les médias rapportent des cas où l'on remet en question tout attitude de pardon. Au contraire, on recherche des coupables. Il faut un ou des coupables et il faut qu'ils payent longuement pour leurs méfaits.En observant cette situation, je me surprends à constater que Dieu pardonne plus que les hommes si ces derniers se repentent avec sincérité. Un simple regard sur plusieurs pages des évangiles et même de l'Ancien Testament montre un Dieu qui se tourne avec compassion vers les personnes qui ont commis des fautes, mêmes des fautes très graves. Vouas n'avez qu'à penser au roi David. C'est à cet homme qui a commis une faute grave - il a commandé le meurte d'un compagon - que Dieu promet un descendance de laquelle naîtra le messie.

Le Dieu de la Bible est le Dieu de la vie. Sa pédagogie en est une qui favorise la vie. François Varillon a écrit qu'il est dans la nature de Dieu de pardonner et que le pardon est chez Dieu un geste aussi spectaculaire qu'une guérison physique dite miraculeuse. À l'heure où la société critique avec véhémence l'Église, qui dans le passé a exercé le contrôle des consciences, il est paradoxal de voir que cette même société, maintenant qu'elle exerce seule une hégémonie sociale, tombe dans les mêmes travers qui ont marqué l'histoire de l'Église. Décidément, l'être humain n'apprend pas de ses erreurs. En position de pouvoir et de puissance, l'homme finit par se faire lui même dieu, avec un petit d...