Marie femme des frontières

Sainte Marie, femme des frontières, nous sommes fascinés de te voir dans l'histoire du salut, perpétuellement en tête, sur les lignes frontalières, tendue non pas à séparer mais à unir des mondes différents qui s'affrontent.


Tu es debout sur les lignes de crête qui séparent l'Ancien et le Nouveau Testament. Tu es l'horizon qui unit les derniers contreforts de la nuit aux premières lueurs du jour. Tu es l'aurore qui précède le Soleil de justice. Tu es l'étoile du matin. C'est en toi, comme le dit la lettre aux Galates, qu'arrive la plénitude des temps, en toi que Dieu décide de naître d'une femme. Ainsi, en ta personne, s'achève un processus chronologique centré sur la justice et mûrit un autre, centré sur la miséricorde.

Sainte Marie, femme des frontières, merci pour ta présence auprès de la croix de Jésus. Dressée hors des lieux habités, cette croix synthétise les faubourgs de l'histoire, elle est le symbole de toutes les marginalités de la terre: mais c'est aussi un lieu de frontière, où le futur s'introduit dans le présent, en l'inondant d'espérance.

Sainte Marie, femme des frontières, il est une appellation très douce par laquelle t'invoque l'antique tradition chrétienne, exprimant ta présence aux extrémités de la terre : porte du ciel.

Eh bien, "à l'heure de notre mort", arrête-toi auprès de notre solitude comme tu l'as fait avec Jésus. Veille sur notre agonie. Ne t'éloigne pas d'auprès de nous. Tends-nous la main sur la ligne ultime qui sépare l'exil de la patrie. Parce que, si tu te trouves là, au seuil décisif de notre salut, avec toi nous passerons la frontière. Même sans passeport. 

MGR TONINO BELLO