J'aime te regarder

Marie, j'aime vous regarder

dans votre humanité quotidienne,

jeune fille et femme, inconnue de tous,

mère attentive, épouse soigneuse,

femme semblable à toutes les femmes,

et toujours disponible quand Dieu lui demande:

 

«Où es-tu?»

J'aime aussi vous voir au tympan des cathédrales,

la femme aux douze étoiles,

la Vierge des icônes au manteau de pourpre royale.

 

Mais, avec Thérèse de l'Enfant Jésus

s'exprimant sans mots superflus, je m'émerveille:

«Elle est plus mère que reine.»

 

Oui, tout le reste est fioritures

devant les trois mots: «Mère de Dieu.»

 

«Mère de Dieu», ces trois mots,

je n'aurais jamais trop d'heures de silence

pour les contempler.

 

Comme ces plantes du désert

qui attendent des jours, des années peut-être,

une pluie pour germer,

il nous faut les redire

jusqu'à ce que votre Fils les féconde en nous.

 

Cette phrase, pour moi,

est souverainement essentielle:

«Femme, voilà ton fils, Fils, voilà ta mère»,

ces ultimes paroles que dit Jésus en croix

aujourd'hui me sont dites, à moi:

déjà réalisées à l'instant de l'Annonciation...

 

C'est pourquoi avec la Tradition entière,

ajoutant ma voix à la multitude

qui accomplit votre prophétie:

«Oui, désormais, tous les âges

me diront bienheureuse»

 

(et nul ne vous connaissait alors),

je redis sans me lasser

la prière des pécheurs et des saints:

«Sainte Marie, Mère de Dieu,

priez pour nous, pauvres pécheurs,

maintenant et à l'heure de notre mort.»

 

Jacques Loew

(extraits d'une prière tirée de Mon Dieu dont je suis sûr, Éditions Bayard, 1983)