ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chefGaudet Stephane

Que l'humanité se réveille

Quel été magnifique nous avons eu! Toujours beau, toujours chaud, presque jamais de pluie. Un été méditerranéen, le rêve! 

Mais un tel climat n’est pas normal chez nous. En fait, ce fut un été terrifiant. Les canicules à répétition ont entraîné une surmortalité des personnes vulnérables, notamment chez les aînés. Beaucoup de nos agriculteurs ont perdu une partie de leur récolte et de leurs bêtes. L’Europe a étouffé sous une chaleur suffocante, la Grèce et la Californie ont connu des feux meurtriers, des autoroutes ont été fermées dans quelques pays parce que l’asphalte fondait... Des experts ont dit que la Terre était en train de se transformer en étuve. Les éco-anxieux se sont demandé, avec raison : est-ce le début de la fin?

Les climatologues s’entendent sur le fait que ces vagues de chaleur seront de plus en plus intenses et de plus en plus longues dans les prochaines années.

edito01On n’a pas fini d’avoir chaud! Depuis le début de l’ère industrielle, la température moyenne de la planète s’est réchauffée d’un degré. À cause des gaz à effet de serre (GES) déjà contenus dans l’atmosphère, même si on arrêtait dès aujourd’hui d’en produire, le réchauffement augmenterait d’un autre degré, soit deux degrés au total. C’est le seuil au-delà duquel le climat deviendrait incontrôlable. Or, avec nos émissions actuelles de GES, on prévoit plutôt un réchauffement d’environ quatre degrés. Si cela s’avérait, la majorité des terres émergées du globe deviendraient inhabitables, soit à cause de la désertification, soit à cause d’événements climatiques extrêmes qui deviendraient permanents (ouragans, déluges, par exemple). 

On ne peut plus empêcher le réchauffement climatique. Il est là, indéniable, on l’a ressenti cet été. Tout au plus pouvons-nous en limiter les dégâts. Il faut cesser de brûler des combustibles fossiles et remplacer ces énergies par des sources à faibles émissions ou sans émissions de GES. Aussi, planter des arbres, arrêter la déforestation et développer les techniques pour capter le CO2. 

Les prochaines décennies ne seront pas faciles. De jeunes couples refusent même d’avoir des enfants à cause de « ce qui s’en vient ». Nous, chrétiens, par définition, vivons dans l’espérance. Nous croyons que la vie est plus forte que la mort. Mais pas l’espérance béate que Dieu nous sauvera par miracle quand nous faisons tout pour nous autodétruire. Une espérance agissante : faire partie de la solution plutôt que du problème. Relisons l’encyclique Laudato Si’ du pape François. Que sauver la vie sur Terre devienne notre priorité, avant toute autre chose. 

À l’occasion de la fête de saint François d’Assise, patron de l’écologie (4 octobre), prions pour que cet été infernal amène l’humanité à se réveiller, qu’elle comprenne que son mode de vie actuel mène tout droit à la catastrophe. Et prions Dieu de nous accompagner dans les nécessaires transitions que nous aurons à gérer quant à nos façons de vivre et à notre modèle économique. 

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