Après l’ascension, le temps de l’Église

IL N’EST PAS ENCORE TROP TARD par Normand Provencher, omi

          MAI 2021

PHOTO : SHUTTERBUG75/PIXABAY

Durant les quarante jours qui précèdent son ascension, sa dernière manifestation, Jésus ressuscité éduque ses disciples à le rencontrer d’une nouvelle manière. Marie de Magdala le reconnaît dans le gardien du jardin qui l’appelle par son nom, mais elle ne peut pas le retenir (Jean 20,17). Au moment où les disciples d’Emmaüs font l’expérience d’être en présence de Jésus qu’ils ont connu et aimé, « il leur devint invisible » (Luc 24,31). Lorsque les Apôtres voient Jésus s’élever et échapper à leurs regards, ils reçoivent l’ordre de ne plus regarder vers le ciel et d’attendre son retour (Actes 1,9-11).

Jésus est « parti » pour être présent autrement. Libéré des contraintes et des limites du temps et de l’espace, le Ressuscité n’est plus restreint à un pays, à un moment de l’histoire, à un petit groupe de disciples. Ainsi s’accomplit la parole de Jésus, lors de son dernier repas : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille » (Jean 16,7). L’ascension nous apprend donc que le Christ demeure dans le cœur des croyants par l’Esprit et qu’il est le Sauveur de tous les humains de tous les temps.

La mission des disciples

Pour que leur enfant puisse faire ses premiers pas, les parents s’éloignent de lui, tout en ayant les bras tendus pour le soutenir et l’encourager. De façon semblable, le Seigneur Jésus s’éloigne de ses premiers disciples, leur donnant de l’espace pour qu’ils se tiennent debout et puissent faire leurs premiers pas vers le monde à évangéliser. Il se fait discret pour leur donner l’occasion de prendre la parole et de s’engager dans des ministères. C’est à la suite de l’ascension qu’ils se mettent à parler de lui et de son œuvre, non seulement à Jérusalem mais dans les principales villes de l’Empire romain. Jésus laisse ses disciples avec des responsabilités, des conflits à résoudre et des souffrances à vivre. Il les assure cependant de sa présence.

Rendre visible le Ressuscité

Trop souvent, on oublie que Pâques ouvre un vaste espace de liberté et de créativité aux communautés chrétiennes. Dans bien des situations, la peur du changement et le soupçon à l’égard de la nouveauté sont des refus de la Résurrection de Jésus et du don de l’Esprit. La résistance à modifier des pratiques ecclésiales s’explique, pour une part, par le souci de fidélité au Jésus d’avant Pâques. Pourtant, les croyants en Jésus ressuscité sont appelés à faire de grandes choses : « Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père » (Jean 14,12).

L’Évangile que nous proclamons est la parole d’un Vivant; les sacrements que nous célébrons, des actions personnelles du Bon Pasteur; l’Église que nous formons, le Corps vivant du Christ. Il ne faut donc pas rester enfermés dans nos cénacles, « toutes portes closes », mais nous mettre au grand Vent du Ressuscité. Dans les communautés chrétiennes, le Seigneur Jésus est présent et agissant, mais invisible. À tous leurs membres, il confie sa mission de le rendre visible, lui donnant un visage qui attire, des mains qui portent secours, un cœur qui aime et une voix qui annonce l’Évangile.

Fondée en 1892 par le bienheureux Frédéric Janssoone, o.f.m.

Magazine d’information religieuse et de vie spirituelle, publié 10 fois l’an, en association avec la mission du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

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