LE CRI DE LA TERRE par Ghislain Bédard

De millions d'espèces,
           
menacés d'extinction?


Le cri de la terre01Le cri de la terre est aussi celui de tous les êtres vivants! Comme chrétiens, il importe de prendre conscience de la nature de nos relations avec les animaux en particulier, si essentielles à notre survie, en les considérant tels des «associés» dont les fonctions et l’intelligence sont complémentaires aux nôtres. Tous les vivants, quels qu’ils soient, ne contribuent-ils pas à l’équilibre fragile de la Création? 

Saint Roch et son chien, à qui il devait la vie; saint Antoine qui, ignoré des humains, fit son sermon aux poissons; saint François qui appelait les oiseaux ses frères; ces figures témoignent des liens sensibles et respectueux que nous pouvons tisser avec les animaux. Jean-Paul II déclarait d’ailleurs, en 1979, que la «protection animale est une éthique chrétienne».  

Se nourrir différemment

Conscients de cette réalité, il devient nécessaire de changer nos pratiques, et peut-être aussi de diminuer notre consommation de viande. L’élevage intensif visant à remplir les étals de nos supermarchés – sans compter le gaspillage éhonté que cette demande effrénée suscite – est une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Nos choix en faveur d’une alimentation plus végétarienne peuvent contribuer à diminuer l’impact des changements climatiques et, aussi, à ne pas détruire inutilement la vie. Avons-nous besoin d’en avoir autant dans nos assiettes? Les animaux sont-ils seulement à notre service? Sur ce point, nous aurions intérêt à nous inspirer des autochtones, pour qui les animaux sont des manifestations du Grand Esprit, des messagers de Dieu. Ils leur demandent pardon s’ils doivent les tuer pour s’en nourrir, et réutilisent tout. 

Dans un rapport publié en mai, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité peint «un tableau sombre de l’avenir de l’être humain qui dépend de la nature pour boire, respirer, manger, se chauffer ou se soigner». Il affirme que si aucun changement profond de nos modes de production et de consommation actuels ne s’effectue, « un million d’espèces animales et végétales [...] sont menacées d’extinction» (Le Devoir, 6 mai 2019) dans les prochaines décennies. 

Sans les abeilles, décimées par l’usage intensif des pesticides, comment pourrons-nous assurer à l’avenir la pollinisation et la production de la plupart des fruits et légumes que nous mangeons? Sans les insectes qui contribuent à la chaîne alimentaire, à la fertilité de nos sols, etc., comment pourrons-nous désormais garantir notre survie?

Des guides spirituels?

Un jour, un ami prêtre vivant à la campagne me confia que son chien ainsi que les bêtes sauvages qui traversaient parfois sa cour étaient souvent ses meilleurs guides spirituels. Leur capacité de vivre le moment présent, leur comportement naturellement affable (s’ils ne sont pas menacés), la candeur, la lenteur et l’insouciance qu’ils inspirent ont beaucoup à nous apprendre pour mieux vivre.