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c h a r g e m e n t

Monique Papatie, celle qui marche en présence de son créateur

VOIX AUTOCHTONES

Par Yves Casgrain , en collaboration avec Mission Chez Nous

Monique Papatie

Photo: PASCAL HUOT / MISSION CHEZ NOUS

A

u téléphone, le rire de Monique Papatie est profond. Je l’imagine assise dans sa maison à Lac-Simon, où elle demeure seule depuis la mort de son mari alors qu’elle n’avait que 25 ans. Malgré tout, je la sens animée d’une joie de vivre et d’une certaine impatience tranquille. Cette Anicinabe de 73 ans, née dans la communauté de Kitcisakik, caresse un rêve : voir revenir chez les jeunes la fierté de parler leur propre langue. Ce rêve, elle le porte avec Dieu, son Créateur, sans qui, me confie-t-elle, sa vie n’aurait pas été aussi belle.

QUELQUE CHOSE DE PUISSANT 

Monique Papatie est une croyante, une convertie. « C’est ma kokum (grand-mère) qui m’a transmis la foi. Je me souviens d’avoir prié à genoux devant son lit. Ma sœur et moi n’avions pas conscience de ce que nous étions en train de faire. » Ce n’est qu’à 35 ans que Dieu est définitivement entré dans sa vie. « Lors d’une retraite de trois jours sur Kateri Tekakwitha, je me suis confessée. Le curé a posé sa main sur ma tête. Mes pieds ont quitté le sol. J’ai été garrochée en arrière ! J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose de puissant. Je consommais beaucoup d’alcool à cette époque. Je suis maintenant sobre depuis 33 ans. »

Elle qui n’a pas eu d’enfants a enseigné toute sa vie. Aujourd’hui, l’enseignement et la transmission sont toujours au cœur de ses actions. « Après l’entrevue, je pars pour enseigner ma langue aux enfants et à leurs parents. » Elle commence toujours ses cours par une prière personnelle puisque pour elle, Dieu est partout. « Nous avons nos propres rituels. Lorsque nous tuons l’orignal, nous le remercions de nous permettre de nous nourrir. En même temps, nous disons merci au Créateur. Nous faisons la même chose avant de préparer nos remèdes faits de plantes médicinales. »

MISSIONNAIRE DANS L’ÂME

Pour Monique Papatie, « être membre d’une Première Nation, c’est être membre de tout ce que je suis comme culture, comme langue. C’est tout ce que je sais au sujet des animaux, des légendes. C’est une source de fierté ! » Cette aînée est aussi une missionnaire dans l’âme. « Je suis responsable de la pastorale et j’anime des célébrations quand le curé est absent. »

Elle veille sur la foi des membres de sa communauté en pensant aux anciens qui l’ont précédée dans cette mission qu’elle accepte avec humilité et confiance.

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