À bâtons rompus par Paul Arsenault, o.m.i.

L'avenir est jaune,
      il est noir, il est blanc

A batons rompus01

Voir tous les drapeaux ensemble danser entre les mains de jeunes joyeux de se rencontrer est un signe prophétique, un signe à contre-courant de la triste tendance actuelle des nationalismes en conflit qui élèvent des murs et ferment à l’universalité, à la rencontre entre les peuples. 
– Le pape François au JMJ 2019 au Panama

Un peu partout se lèvent des nationalismes en conflit, une espèce d’isolement qui enfante des chauvins par leur attitude d’admiration outrée, partiale, exclusive pour leur pays, leur parti politique et parfois leur club de foot ou de hockey! L’Église elle-même n’a pas toujours échappé au danger du nationalisme en conflit; elle a longtemps proclamé «Hors de l’Église, point de salut». Le nationalisme des Églises chrétiennes élevait plus de murs que de ponts et compromettait ainsi la prière de Jésus pour l’unité. Ce genre de nationalisme se vérifie jusque dans nos familles. Je me souviens qu’il était inconcevable qu’une fille de Bonaventure unisse sa vie par les liens du mariage avec un garçon de Paspébiac!   

Le salut pour tous

Jésus nous rappelle que le salut est pour tous les peuples, pour les juifs et les non juifs. Dans l’éventualité de la purification de sa lèpre par un bain dans le Jourdain, le général Naaman, un païen, exprimait sa fierté pour son pays tout en étant lui-même un peu chauvin en disant : «Les ruisseaux de Damas, l’Abana et le Parpar, valent certainement mieux que tous les cours d’eau du pays d’Israël» (2 Rois 5,12). 

Le nationalisme juif prétendait réserver les dons de Dieu au seul peuple élu. Jésus laisse clairement à entendre que les bienfaits de Dieu ne sont pas réservés au peuple d’Israël, il accorde ses bienfaits au-delà des frontières juives. Bel exemple au livre des Actes des Apôtres, cet Éthiopien, un étranger, un païen, demande au diacre Philippe : «Voici de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé?» (Actes 8,36) 

La rencontre entre les peuples

Un jour, nous démolirons les murs qui ferment à l’universalité, à la rencontre entre les peuples, car l’avenir est sur tous les visages, chante Claude Bernard, il est jaune, il est noir, il est blanc, il respecte les peuples et les races. Son drapeau arc-en-ciel flotte au vent. Un jour, blancs et noirs, croyants et incroyants, jeunes et vieux, nous danserons ensemble avec nos drapeaux entre les mains, geste prophétique devant la déplorable tendance actuelle des nationalismes en conflit.