La culture du déchet

LE CRI DE LA TERRE par Carl Tournier

          JANVIER-FÉVRIER 2021

PHOTO: CARL TOURNIER

Matières à gérer pour les uns, sources de revenus pour les autres, les ordures font partie de nos vies et, une fois triées, nous les mettons en bordure du chemin pour les voir disparaître de notre quotidien. La conscience tranquille, nous sommes convaincus que le recyclage est le geste écologique par excellence, qu’il est LA solution. Bien entendu, vaut mieux un contenant de margarine recyclé que retrouvé dans un dépotoir. Cependant, la réalité est moins rose, ou plutôt moins verte… «[L]e système industriel n’a pas développé, en fin de cycle de production et de consommation, la capacité d’absorber et de réutiliser déchets et ordures» (encyclique Laudato Si’ du pape François, 22).

Un moindre mal

Certaines matières – métaux, papier, cartons – sont facilement recyclables. Il n’en est cependant pas de même avec celle que l’on retrouve en abondance dans nos bacs et poubelles: le plastique. Faisons le tour de nos vies; il est partout. Pratique, il sert à fabriquer ou à emballer des milliers d’objets et à très bas prix. Il a toutefois un revers à sa médaille. Le plastique n’est pas aussi facilement recyclable puisqu’il perd de ses propriétés dans le recyclage. De plus, il prend plusieurs siècles à se décomposer dans la nature et finit par libérer des particules si fines qu’elles se retrouvent dans l’eau, l’air, les animaux, y compris nous. Celles-ci auraient même des effets toxiques à long terme. Quand on pense que 80% du plastique produit dans le monde se retrouve dans les dépotoirs et l’environnement… Misère. Le recyclage, quant à lui, exige qu’on transporte les matières par camions et par bateaux. Leur principal acheteur? En grande partie la Chine, à plus de 11000 kilomètres du Québec. C’est beaucoup de kilométrage et de carburant nécessaire pour des détritus, même recyclables. Au final, recycler, c’est un moindre mal plutôt qu’une solution. Alors que pouvons­nous faire comme chrétiens pour léguer moins de déchets aux générations qui vont suivre?

Se questionner avant d’acheter

Il y a de l’espoir et il ne repose que sur nous. Un principe avance que le déchet qui a le moins d’incidence sur l’environnement est celui qui n’existe pas. Donc, réduire notre production de déchets à la source, tout simplement. Quelques exemples ? Boire l’eau courante et refuser celle qui est embouteillée, bannir les sacs à usage unique et éviter des articles suremballés, entre autres choses. Précédons aussi nos achats par ces questions: ai-je réellement besoin de cet objet? Que va-t-il advenir de l’article que je consomme à la fin de sa vie utile? Sera-t-il réutilisable, recyclable ou va-t-il déchoir à la décharge? Ainsi, la décision sera plus éclairée et notre environnement se portera mieux.

Fondée en 1892 par le bienheureux Frédéric Janssoone, o.f.m.

Magazine d’information religieuse et de vie spirituelle, publié 10 fois l’an, en association avec la mission du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

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