ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chef

Le désert n'est pas sans vie

Editorial01Récemment, j’ai participé à une retraite sur le thème du désert. Pour beaucoup de gens, le mois de novembre a quelque chose d’aride. J’ai donc pensé qu’il s’agissait d’un bon moment pour vous faire part de ce que j’y ai appris.

Jacob a peur de son frère Ésaü, qui marche vers lui avec 400 hommes. La nuit avant leur rencontre, Jacob lutte avec Dieu, qui le blesse à la hanche. Puis, Dieu le bénit, et quand Jacob voit Ésaü, ils se réconcilient. Comme pour Jacob, le désert peut être pour nous un lieu de rencontre voire de lutte avec Dieu, dont on peut ressortir béni. Mais le désert n’est pas de tout repos, on n’en ressort pas indemne.

Élie a fui au désert la colère de la reine Jézabel. Mais il n’était pas seul, un ange l’a fait manger pour reprendre courage. Puis Dieu se manifeste à Élie dans une brise légère et lui confie une nouvelle mission. Le désert devient ainsi un intermède où l’on reprend ses forces et où Dieu fait sentir sa présence de façon très subtile parfois.

Dans son désert, Job s’est senti doublement abandonné : il croyait que Dieu s’acharnait sur lui, et ses amis, au lieu de le consoler, le culpabilisaient en tentant de trouver la raison de ses malheurs. Job se plaignait à Dieu, mais Dieu ne répondait pas. Il a finalement parlé à Job quand ce dernier eut fini de se plaindre, lui disant qu’il ne fallait pas chercher à expliquer le mal, que ses amis avaient tort. Dans nos périodes de désert, on peut éprouver le silence de Dieu, mais cela ne veut pas dire que Dieu soit absent ou qu’il n’écoute pas.

Jésus, au désert, est tenté par Satan. Mais Jésus ne cède pas. Il est possible, dans nos déserts, de résister au mal, et même de le vaincre. Le mal n’est pas tout-puissant, il n’a pas toujours le dernier mot.

Lors de cette retraite, nous n’avons pas seulement parlé du désert. Nous avons, chacun de son côté, vécu des expériences de désert. Des expériences qui ressourcent mais ébranlent. C’est ça, une retraite : on ne se retire pas à l’écart pour qu’il ne se passe rien à l’intérieur.

Le désert est certes un lieu aride, mais pas mort. Au contraire, il s’y passe beaucoup de choses, ça brasse, il y a de la vie! Normalement, quand on parle du désert, on fait référence à des périodes difficiles où l’on se sent seul et abandonné. Mais quand on regarde de plus près les épisodes de désert, au sens propre comme au figuré, des personnages bibliques, on se rend compte que notre solitude peut être habitée. Dieu est présent.

Cette retraite aura été pour moi une rencontre avec moi-même, avec les autres, avec l’Autre. Si novembre est pour vous comme la traversée du désert, je vous la souhaite transformatrice et pleine de vie.

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