L’eau, c’est la vie

ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chef

          Juin 2022

Vous souvenez-vous de l’histoire de Jean de Florette ? Ce roman de Marcel Pagnol avait été magnifiquement porté à l’écran en 1986 par le cinéaste Claude Berri, et le film, mettant en vedette Yves Montand, Gérard Depardieu et Daniel Auteuil, avait connu un grand succès.

Dans ce récit dont l’action se déroule dans les collines très sèches de la Provence, l’eau, c’est la vie. Qui en a prospère, qui n’en a pas meurt. C’est pourquoi de cupides paysans (César et son neveu Ugolin), convoitant une terre héritée par un bossu de la ville (Jean), bouchent la source qui l’irrigue dans l’espoir que le bossu quitte cette terre devenue sans valeur et qu’ils puissent la lui racheter à bas prix. Une fable sur l’eau à la fois superbe et terrible.

Dans la Bible aussi, l’eau est un symbole de vie, quoiqu’elle soit également parfois symbole de destruction (l’épisode du Déluge). Quand Abraham renvoie Agar, celle-ci erre dans le désert avec son enfant Ismaël. C’est la mort qui les attend tous deux lorsque l’eau de l’outre est épuisée. Mais le Seigneur entend leurs cris et fait apparaître un puits, ce qui leur sauve la vie (Genèse 21,14-19).

Sur la Terre, 97% de l’eau est salée, seulement 3% est douce. Le Canada possède 20% des réserves mondiales d’eau douce. Notre territoire immense renferme des milliers de cours d’eau et plus de trois millions de lacs. L’apparente abondance chez nous de cette richesse qu’on appelle « l’or bleu » fait en sorte que nous ne sommes pas toujours conscients qu’elle est une denrée rare, avec comme résultat que les Canadiens figurent parmi les plus grands gaspilleurs d’eau de la planète. Pourtant, le Canada n’est pas à l’abri de pénuries d’eau (l’Ouest canadien a connu des sécheresses). L’eau n’est pas une ressource inépuisable, seule une partie de notre eau douce est considérée « renouvelable ».

Le 5 juin est la Journée mondiale de l’environnement. Quelques articles de ce numéro traitent de notre Dieu créateur et de sa création, que nous malmenons. Le peu d’égard que nous accordons à l’eau est l’un de ces mauvais traitements que nous infligeons à la création. L’immense majorité d’entre nous n’avons qu’à ouvrir le robinet pour avoir une eau saine et apparemment illimitée; nous ne savons pas ce qu’est marcher de longues distances, comme dans certains pays, pour aller chercher l’eau d’un étang à la propreté douteuse parce que c’est la seule eau qu’on a. Ici même au Canada, en 2022, des communautés autochtones n’ont toujours pas accès à une eau potable de qualité.

Notre consommation d’eau double pendant l’été. Alors que la belle saison commence, prenons conscience de la chance que nous avons d’avoir accès à une eau propre – rendons-en grâce au Seigneur – et tâchons de modifier nos comportements aquavores (qui nécessitent beaucoup d’eau). Don de Dieu indispensable à la vie, prenons soin de l’eau !

Fondée en 1892 par le bienheureux Frédéric Janssoone, o.f.m.

Magazine d’information religieuse et de vie spirituelle, publié 10 fois l’an, en association avec la mission du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

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