ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chef

Pour un carême joyeux

edito01v3Connaissez-vous le film préféré du pape François? C’est Le festin de Babette, réalisé par le grand cinéaste danois Gabriel Axel en 1987. Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce film à sa sortie, même si je n’étais qu’adolescent à l’époque. Récemment, je souhaitais vivement le revoir, aussi est-ce avec bonheur que j’ai trouvé le DVD en magasin il y a quelques jours! 

Dans ce film, des villageois protestants rigoristes passent de l’austérité à la joie au cours d’un repas gastronomique. En leur offrant ce festin, la cuisinière Babette leur donne beaucoup plus que le seul plaisir des papilles gustatives. Pour le Pape, on assiste dans Le festin de Babette à « l'irruption du bonheur et de la liberté chez des puritains attelés à leur tristesse quotidienne », confiait-il en 2010 en entrevue alors qu’il était encore archevêque de Buenos Aires. 

editorial01Paradoxalement, ce film qui fait l’éloge de la bonne chère me fait penser au carême. Le carême, c’est un temps pour revenir au Seigneur, pour nous préparer à Pâques. Il n’est pas pour autant un temps de tristesse. On a beaucoup insisté à une certaine époque sur les privations, la pénitence pendant le carême. De nos jours, on dira plutôt que, pour goûter pleinement la joie de Pâques, notre vie pendant le carême ne peut pas être exactement la même que le reste de l’année. Mais le carême n’exclut pas la joie. Sachant que toutes les expériences que nous choisissons de faire pendant ces 40 jours nous amènent au dimanche de la Résurrection, nous pouvons vivre un carême joyeux! 

Beaucoup parmi les gens qui nous entourent ne sont pas croyants ou n’ont aucune idée de ce qu’est le carême. Vivre le carême avec une face d’enterrement, alors que nous sommes appelés à être évangélisateurs, ne leur donnera certainement pas envie d’en savoir davantage. Comme chrétiens, nous avons reçu une Bonne Nouvelle : il faudrait que cela paraisse un peu sur nos visages... Alors, pour ce carême, pas d’« air de carême sans Pâques » (La joie de l’Évangile, 6). 

* * *

C’est avec tristesse que j’ai appris en début d’année le décès, à l’âge de 87 ans, du père Léo-Paul Nobert, o.m.i., qui était président du conseil d’administration de la Revue Notre-Dame-du-Cap au moment de mon embauche en 2015. C’est, en quelque sorte, lui qui m’avait engagé. 

Au cours de sa vie religieuse, le père Nobert a assumé plusieurs fonctions au service de sa communauté: supérieur provincial en 1973, trésorier général à Rome de 1976 à 1988, recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap de 1999 à 2005, période durant laquelle lui viendra sa réputation d’homme des grands projets. Il s’est beaucoup impliqué dans l’administration de la Revue au fil des ans. Il vivait à Richelieu depuis 2017, où il est décédé le 26 décembre dernier. Nos condoléances à sa famille et à ses confrères oblats. 

logo PDF