Projet Aliments déshydratés pour s’alimenter

S’engager pour la sécurité alimentaire

AU SANCTUAIRE par Martin Yelle

          DÉCEMBRE 2022

Alors que la pandémie de COVID‐19 battait son plein, un projet a a vu le jour par la rencontre de personnes et d’organisations soucieuses de ceux et celles qui sont dans dans le le besoin.

PHOTOs: COURTOISIE

Le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap dispose d’une cuisine institutionnelle bien équipée qui pouvait être utilisée plus intensivement et répondre aux besoins de projets visant la sécurité alimentaire et la lutte au gaspillage. À partir de ce souhait, un projet novateur a vu le jour grâce à une mobilisation exemplaire de plusieurs organismes ayant à cœur de faire grandir notre collectivité par un souci aigu des personnes dans le besoin.

Eurêka !

Parfois, on se creuse la tête seul et on ne voit pas trop la solution à ce que l’on cherche. Une rencontre entre plusieurs intervenants d’organismes engagés dans la sécurité alimentaire et la lutte au gaspillage a permis de trouver une voie unique et innovante répondant à des besoins criants concernant la sécurité alimentaire.

L’organisme Le bon citoyen a fait part de son observation : des gens reviennent plusieurs fois par semaine à la distribution alimentaire pour la simple raison qu’ils ne peuvent pas conserver tous les aliments qu’ils pourraient apporter chez eux, faute d’espace, et souvent même de réfrigérateur. Aussi, les légumes récupérés des marchés d’alimentation pour être redonnés sont souvent à la fin de leur vie et demandent une transformation rapide. Devant ces enjeux, Nathalie Bruneau, directrice du Bon Citoyen, émet une idée: la déshydratation. Eurêka ! On avait trouvé un chemin de plus à explorer pour répondre aux besoins de sécurité alimentaire.

Déshydratation ?

Comment se fait la déshydratation des aliments ? C’est un procédé vieux comme le monde; on connaît des traditions alimentaires où l’on sèche la viande ou le poisson salé pour le conserver dans le temps. En fait, on peut presque tout déshydrater, il suffit de connaître quelques étapes simples.

Pour les fruits et légumes, on n’a qu’à les couper de la façon dont on souhaite les utiliser, puis les disposer dans un appareil qui fait circuler l’air à une température chaude, mais assez basse (40 à 52 degrés Celsius). Les aliments ne sont pas cuits, on ne fait qu’en extraire l’humidité et ils gardent leurs propriétés nutritives. La déshydratation concentre également les saveurs. Pour le consommer, il suffit de réhydrater l’aliment dans de l’eau, par exemple pour concocter une délicieuse soupe.

En déshydratant les aliments, on pourra leur assurer une plus grande durée de vie. Un aliment déshydraté disposé dans un emballage sous vide se conservera très longtemps. C’est ce que les astronautes utilisent depuis des années ! Ainsi, si les banques alimentaires reçoivent, par exemple, une grande quantité de tomates, on peut les déshydrater, éviter d’en perdre faute de pouvoir tout distribuer et les redonner dans un format pratique qui se conserve à la température de la pièce. Si l’on pense aux personnes qui vivent des situations d’itinérance, c’est une bénédiction pour elles !

Nathalie Bruneau, directrice de l’organisme Le bon citoyen.

Une collaboration effective

L’organisme Le bon citoyen, situé dans le secteur Bas-du-Cap de Trois-Rivières, a le mandat de mettre en marche ce projet. Le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap l’héberge au centre de services, dans les cuisines du restaurant. Une subvention de 100 000 $ a été allouée par le Fonds québécois d’initiatives sociales à ce projet, on y a reconnu le côté unique et novateur.

Les fonds ont servi, entre autres, à s’équiper d’un appareil de déshydratation de grande capacité et d’équipements pour la préparation et l’emballage des aliments. Pour la mise en marche du projet, il a fallu passer par plusieurs étapes : effectuer des essais avec différents aliments; confectionner des recettes pouvant être déshydratées; bien établir les processus de préparation des aliments selon les normes de salubrité essentielles; mettre en place des équipes pour réaliser ces différentes étapes.

Le bon citoyen souhaite développer deux types de produits. Une première catégorie sera les produits destinés à être donnés aux personnes en urgence alimentaire. Il s’agira de légumes déshydratés, soupes, repas. Les denrées utilisées pour ces produits proviendront essentiellement des surplus des banques alimentaires. Une deuxième catégorie de produits sera destinée à la vente pour l’autofinancement du projet. On pourra, entre autres, utiliser des produits provenant de surplus des cultivateurs.

La beauté de ce projet réside dans la solidarité qui l’a fait naître : des espaces disponibles au Sanctuaire, une idée innovante, des organisations tournées vers un objectif commun. Outre la coordination du projet par Le bon citoyen et le prêt des espaces par le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, la réalisation de ce service est rendue possible grâce à un partenariat qui inclut également Moisson Mauricie Centre-du-Québec, Les Artisans de la Paix, La Brouette, Trois-Rivières Récolte, L’Entraide du Cap – Ébyon, le SEMO, le CIUSSS-MCQ, la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières et les membres de la Table de sécurité alimentaire de Trois-Rivières.

La pandémie de COVID-19 nous a donné l’impression à bien des moments que nous étions paralysés, à l’arrêt, impuissants face à ce qui nous arrivait. Ce projet est un exemple, comme dit le proverbe, que la nécessité est mère de l’invention. Quand nous voyons un besoin criant et que nous avons de bonnes idées avec les ressources humaines et matérielles pour y répondre, tout est possible. Ce projet incarne directement ce dont nous parle l’Évangile : « J’ai eu faim, vous m’avez donné à manger » (Matthieu 25,35).

Pour plus d’information ou pour faire un don au projet : www.leboncitoyen.org

Fondée en 1892 par le bienheureux Frédéric Janssoone, o.f.m.

Magazine d’information religieuse et de vie spirituelle, publié 10 fois l’an, en association avec la mission du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

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