ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chef

Tant de beauté

Editorial03Nous vivons dans l’incertitude. Quand cette pandémie sera-t-elle terminée? Quand rouvrira le Sanctuaire, fermé au public depuis le mois de mars? Quand reprendront les messes? À quoi ressemblera l’été? En ce début de mai où j'écris cet éditorial, au rythme où vont les événements, impossible de prédire où nous en serons quand vous lirez ces lignes.

Beaucoup d'incertitude donc, mais il y a au moins une chose dont on peut être sûr: l’été s'en vient. Ce n’est pas une pandémie qui va arrêter la terre de tourner ni les saisons de se succéder, comme le veut le Créateur. «Tant que la terre durera, semailles et moissons, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit jamais ne cesseront» (Genèse 8,22).

On va probablement passer un été bien différent de ceux auxquels nous sommes habitués. Pas de grandes festivités pour la Saint-Jean-Baptiste. Pas de festivals nulle part, même pas de Festival de l’Assomption ici au Sanctuaire. Pas de voyages à l'étranger, on va passer l’été chez nous.

On n’est pas si mal, chez nous. Nul besoin d’aller bien loin pour voir de belles choses. Si on ouvre l’oeil, on peut trouver du beau partout, même tout près de nous. Et ce n'est pas sans raison qu’on surnomme l’été «la belle saison». Moi, chaque fois que la splendeur d'un paysage estival m’éblouit, je sens monter à mon cœur les paroles d’un cantique récitées dans le film d’ingmar Bergman Les Fraises sauvages : 

Quand tant de beauté surgit à nos yeux
Dans chaque témoignage de la vie et de la création,
Que doit être belle la Source éternelle et claire de toute chose!

Mais où est donc l’Ami que partout et toujours je cherche?
Dès le jour naissant, mon désir ne fait que croître
Et quand la nuit s’efface, c’est en vain que je L’appelle.

Je vois Ses traces pourtant, je sens qu’Il est présent
Partout où la sève monte de la terre
Où embaume une fleur et où s’incline le blé doré.

Je Le sens dans l’air léger dont le souffle nous caresse
Et que je respire avec délice.
Et j’entends Sa voix qui se mêle au chant de l’été.

Seul un regard croyant sur la belle saison pourra y déceler l’œuvre de Dieu.

La vie continue. Différemment, moins trépidante, mais elle suit son cours. Cette beauté de l’été tombe à point, nous en avons bien besoin après ce printemps éprouvant. Malgré les événements, malgré tout, rendons grâce au Créateur pour la beauté qui nous entoure. En ce temps où tout est changé, la beauté de la création est l’une des rares choses qui ne change pas.

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