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La tête dans les étoiles

Par André Beauchamp

Un feu de camp sous un ciel étoilé

Photo: ISTOCKPHOTO.COM/ANATOLIY_GLEB

U

n des spectacles les plus typiques de notre société est de voir déambuler les citoyens dans les villes en jouant sur leur cellulaire, au risque parfois de se faire écraser à une intersection. Ailleurs, une dame marche toute seule et parle en agitant les bras. Elle est au téléphone et parle si fort qu’on imagine l’interlocuteur très loin, peut-être en Amérique du Sud ou en Asie. Et ainsi de suite. Ce faisant, les gens oublient de regarder le ciel, de ressentir le vent sur leur visage, de voir les nuages, d’entendre les oiseaux, d’admirer un arbre tenace qui s’acharne entre le trottoir et la rue.

Une expérience sensorielle diminuée

D’une manière insidieuse, nous appauvrissons notre expérience corporelle. Notre corps est fait pour voir, sentir, toucher, respirer, goûter. Il a fallu des siècles et des siècles d’évolution pour que la nature mette en place un organisme capable de communier ainsi avec son environnement. Il nous faut maintenant regarder sur le thermomètre pour savoir s’il fait chaud ou froid. L’été est arrivé. De grâce, profitez-en. La nature est un grand livre. Goûtez la chaleur et le vent, voyez les arbres, les écureuils, les corneilles. Humez les odeurs de votre quartier et les effluves qui montent des cuisines à l’heure des repas.

J’imagine que vous n’avez jamais le temps de regarder le ciel. Le jour, peut-être voyez-vous les nuages dansant dans le firmament ou, le soir tombant, contemplez-vous le rouge de l’horizon. Mais la nuit, en ville, on ne voit rien, sauf la lune quand elle est là. Nos nuits urbaines sont sans étoiles. Elles sont muettes. Car les lumières de la ville nous empêchent de voir le ciel dans sa profondeur. Ça s’appelle la pollution lumineuse.

L’immensité de l’univers

Alors pendant que l’été bat son plein et que vous avez sans doute l’occasion de sortir de la ville, d’aller à la campagne, chez un ami, en camping, en voyage, prenez le temps de regarder le ciel. Regardez longuement ces constellations intrigantes. Astrologues ou astronomes amateurs, vous verrez de suite la Grande et la Petite Ourse et tout en haut, l’étoile Polaire. Notre Terre est si petite dans cette immensité. Le psaume chante en moi : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et la étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui ? » (Psaume 8,4-5). Il faut, de temps en temps, avoir la tête dans les étoiles.

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