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c h a r g e m e n t

Retour vers le futur

À CONTRE-TEMPS

Par Vincent Painchaud

Une jeune femme prie dans une église

Photo: EMILY MARIE WILSON/SHUTTERSTOCK.COM

L’

Église se bute depuis des décennies à cette sempiternelle question: comment ramener les jeunes à la messe ? Cette manière d’aborder la désaffection des religions organisées est à la fois superficielle et galvaudée, chargée de présuppositions qui éclipsent la nature du besoin spirituel de ma génération. Les réponses que nous prétendons y apporter témoignent pareillement de nos propres partis pris plutôt que de leur pertinence.

Entre l'éternel et l'éphémère

À chaque occasion d’aller à la messe, mon père me fait part de sa surprise quant au caractère statique de la liturgie. Alors que certains traditionalistes ne se sont toujours pas remis des changements apportés par le concile Vatican II, lui constate que rien n’a changé depuis sa jeunesse. La même structure, les mêmes prières côtoient les mêmes clichés et raccourcis durant l’homélie. La messe ne pourrait-elle pas se mettre au goût du jour ?

Approchant la fin de la cinquantaine, mon père n’est pourtant plus un « jeune ». À l’inverse, une certaine jeunesse est en quête d’éléments ancrés dans l’éternité pour faire contrepoids à la « mode » dont le propre, selon Baudelaire, est d’être éphémère. Notre quotidien est déjà saturé de frivolités. Voir dans la messe un spectacle supplémentaire reviendrait à l’inscrire dans cette surenchère sensorielle par laquelle les vidéos de chats s’arrachent notre temps de cerveau disponible.

La tentation réactionnaire

Le cheminement spirituel de notre génération comporte son lot d’écueils. Pour plusieurs, la redécouverte de la religion catholique s’inscrit dans un rejet plus large des valeurs de cette société « postmoderne », où toutes les positions se valent sans pouvoir fonder notre existence. Pour eux, la piété est moins cette vertu permettant un rapprochement avec Dieu qu’une posture signalant la distance, ou même le mépris à l’endroit de leurs contemporains. Plusieurs se tournent vers des communautés où s’offre la messe selon le rite tridentin, en latin, quitte à ne plus être en pleine communion avec l’Église. Dans nos paroisses, ce ne sont pas de vieilles dames, mais bien de jeunes femmes qui se couvrent les cheveux d’une mantille. Durcissant la position officielle des évêques canadiens, d’autres vont jusqu’à affirmer que recevoir la communion autrement que sur la langue est un sacrilège.

Entre les excès de ceux qui versent dans la nostalgie d’une époque qu’ils n’ont pas connue et de ceux qui s’adonnent à une perpétuelle fuite en avant sous le couvert du « progrès », il faut discerner le besoin qui sous-tend ces attitudes. Ce besoin en est un de recueillement, de gestes porteurs de sens et d’une parole qui échappe à l’insignifiance, un rituel à la fois solennel et actuel. La jeunesse, qui est l’Église de demain, est plus que jamais à la recherche du sacré, c’est-à-dire de l’Éternel qui s’incarne dans le moment présent.

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